
Noémie (Real Audio, 1')
We dream free (Real Audio, 1')Pour le jeune musicien de Four Tet, la rencontre avec le batteur sexagénaire a été une révélation qui a profondément bouleversé sa vie. Découvrir une terre inconnue et l’explorer, c’est une aventure grisante.
Si le domaine de prédilection de Kieran Hebden est la musique électronique, il a toujours été fasciné par les duos de jazz des années 1970. Il a notamment un faible pour les puissants échanges entre saxophone et guitare, à la Frank Lowe et Rashied Ali, Evan Parker et John Stevens. « En assistant à des concerts de free jazz au festival d’Oslo, j’ai eu l’idée de faire quelque chose de similaire avec l’électro. »
Le parcours de Steve Reid est particulièrement diversifié et passionnant. Dans les années 1960, il participe, dès l’âge de 19 ans, à l’enregistrement de hits soul pour des artistes sous contrat avec Motown. Peu après, il est recruté par James Brown. Fasciné par le mouvement Black Panther, Steve Reid part pour l’Afrique, à la recherche de ses racines ethniques et musicales. Il y rencontre Fela Kuti et décide de rejoindre la formation du fondateur de l’afro beat. De retour aux Etats-Unis, le batteur s’impose sur la scène jazz et se produit notamment avec Sun Ra et Miles Davis.
Lorsque Hebden et Reid se croisent au festival de jazz à Londres, le courant passe. A peine l’idée a-t-elle germé dans leur esprit d’associer batterie et ordinateur qu’ils la mettent en œuvre, et l’immortalisent sur les deux albums « The Exchange Session: Vol. 1 + 2 ». Jusque-là, un tel mariage sur scène paraissait inconcevable. Steve Reid a déclaré à propos de son complice : « Pour certains, ce n’est qu’un bidouilleur comme les autres. Pour moi, il est beaucoup plus, il joue d’un véritable instrument».
Le résultat de ces deux sessions est saisissant, à la fois insolite et phénoménal. Tandis que Steve Reid puise dans son inépuisable réservoir de rythmes afro-américains, Kieran improvise à partir de sonorités étranges. Soucieux de préserver la spontanéité de leur première rencontre, les deux musiciens ont décidé de passer sur scène sans répétition. L’auditeur se laisse prendre par ce moment exceptionnel, subjugué par l’évidence prophétique de l’un de leurs titres : « Electricity and Drum will change your mind ».
Matthias Schneider







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