19/02/04
Kika
Victoria Abril en présentatrice télé totalement dénuée de scrupules et Verónica Forqué en esthéticienne indécrottable d'optimisme : Kika est une fabuleuse satire des médias à la sauce Almodóvar, une comédie totalement déjantée, hystérique et provocatrice.
Film de Pedro Almodóvar (Espagne, 1993,1h52mn, VOSTF) Scénario : Pedro Almodóvar
Avec : Verónica Forqué (Kika), Victoria Abril (Andréa Caracortada/la Balafrée), Peter Coyote (Nicholas Pierce), Rossy de Palma (Juana, la bonne), Alex Casanovas (Ramón), Santiago Lajusticia (Pablo, le frère de Juana), Annabel Alonso (Amparo), Bibi Andersen (Susana), Jesús Bonilla (Santiago, un flic), Karra Elejalde (Mario, un flic), Charo López (la mère de Ramón)
Image : Alfredo Mayo
Montage: José Salcedo
Son : Jean-Paul Mugel
Costumes : Gianni Versace, Jean-Paul Gaultier, José María de Cossío
Goya de la meilleure actrice principale pour Verónica Forqué, 1994
Kika, esthéticienne, est d'une nature ensoleillée et d'un optimisme inébranlable. Mais elle mène une vie compliquée. Elle habite avec Ramón, photographe voyeur et obsédé par la mort de sa mère. Kika a aussi une amie coiffeuse, Amparo, qui la trahit à la moindre occasion. Elle a un amant, Nicholas, qui n'est autre que le beau-père de Ramón. Enfin, elle a une femme de ménage moustachue et chevaline, Juana, secrètement amoureuse de sa patronne et dont le frère, Pablo, ex-acteur de porno, vient de s'échapper de prison… Tout ce petit monde est secrètement espionné par l'ennemie jurée de Kika, Andréa la Balafrée, ex-petite amie de Ramón et présentatrice de télévision, prête à tout pour nourrir d'images croustillantes son reality show baptisé "Le pire du jour".
La loi des médiasDrôle, violent, coloré, provocateur, hystérique, émouvant, Kika fait partie des films les plus débridés de Pedro Almodóvar. Formidable satire du monde médiatique, Kika est un plaisir de chaque instant, où l'on retrouve avec jubilation tout l'univers almodovarien, et avant tout une formidable famille d'acteurs. Victoria Abril incarne Andréa, animatrice d'un show télévisé de bas étage, toujours à l'affût des plus sordides faits divers. Almodóvar explique avoir "construit délibérément Andréa comme un personnage déshumanisé, métaphore redoutable du média qu'elle représente". Fantôme qui ne s'anime véritablement que lorsqu'il est question d'indices d'audience, Andréa symbolise une société où la communication brille par son absence, où les hommes, plus malades de solitude que jamais, sont poussés vendre en pâture leur propre douleur. À l'opposé d'Andréa, le personnage de Kika, joué par Verónica Forqué, traverse le film avec son regard à la fois sain et candide, à peine obscurci par les catastrophes en série qui s'abattent sur elle.
Dans Kika, les hommes n'abandonnent pas leurs femmes mais leurs mentent, les espionnent et, le cas échéant, les tuent.
Kika (Verónica Forqué) ne cesse de parler à Ramón (Alex Casanovas) qui lui l'écoute en silence, travaillé par de secrètes obsessions.
"L'histoire que je raconte se passe lors de deux journées intenses, vertigineuses et extravagantes, qui commencent comme un vaudeville et qui se terminent de façon perverse." (Almodóvar)
Edité le : 22-04-04
Dernière mise à jour le : 19-02-04