Taille du texte: + -
Accueil > Echappées culturelles > Tracks

Tracks

Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

> > Klaus Lemke

Tracks

Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

Tracks

22/02/11

Klaus Lemke

Ce rocker pur et dur a infiltré le milieu des cinéastes, et il est devenu outre-Rhin le roi des films indépendants. Klaus Lemke fait des films à petit budget, ce qu’il assume d’ailleurs complètement. Il repère ses comédiens dans la rue, et ses intrigues traitent presque toujours de sex & crime. Il est grand temps que Tracks s’occupe de son cas.

Previous imageNext image
Violent, sexy et résolument low budget: Klaus Lemke est le mauvais garçon du cinéma allemand depuis plus de 40 ans. Pourtant, Lemke a l’amour du cinéma. Au début des années 60, il se passionne pour le film noir et la Nouvelle Vague. A 20 ans, il voit « A bout de souffle » de Jean-Luc Godard. Sa décision est prise: il sera réalisateur.

Klaus Lemke: "Pendant une dizaine de mois, je suis allé au ciné cinq fois par jour. Et un soir de beuverie, j’ai réussi à convaincre un producteur de me donner de l’argent. Et il se trouve qu’il m’a fait confiance. Alors que j’y connaissais rien... même un champ contrechamp, on savait pas ce que c’est. On savait que dalle."

Lemke apprend le boulot en autodidacte. Il a la tchatche et son enthousiasme est communicatif. Au Mexique, il tourne son premier long métrage: "48 heures pour Acapulco". Avec de vrais comédiens. Une histoire d’espionnage, avec des durs à cuire en costard qui se disputent un gros paquet de fric. Lemke a 27 ans et il ne doute de rien. Pour son troisième film, il veut Brigitte Bardot pour le rôle principal. Avec un producteur, il veut la faire signer, contre une grosse somme d’argent. A sa grande surprise, Brigitte Bardot lui propose une partie de poker.

Klaus Lemke: "On avait 50 000 marks, ça fait environ 25 000 euros. Elle nous a dit: « Ok, je signe comme quoi je fais un film avec vous, mais on fait ça au poker ». Si elle avait signé ce contrat, les distributeurs allemands nous auraient filé plusieurs millions pour un film avec Bardot. Donc, on a joué au poker, elle contre nous, 50 000 marks chacun. Mais ce qu’on ne savait pas, c’est que cette misérable garce jouait infiniment mieux au poker que Peter Berling et moi. On était des branleurs à l’époque, et elle nous a plumés comme des pigeons."

Le film ne se fera jamais. Mais la fête continue. Au début des années 70, Lemke en a sa claque. Il s’installe à Hambourg et reprend pied dans la vraie vie. Pour son film « Rockers», il confie plusieurs rôles à des gens du milieu. Les caïds de cinéma vont rencontrer de vraies têtes brûlées. Les gens de la rue deviennent la marque de fabrique de Lemke. A la fin des années 70, ses films lui rapportent des millions. Il se drogue de plus en plus et finit par sombrer. Depuis dix ans, Klaus Lemke tourne film après film, toujours en low budget. Et dans son équipe, tout le monde bosse pour 50 euros par jour. Cette année, il aura 70 ans. Mais au fond, il est comme ses comédiens: il a gardé l’esprit de ses 22 ans.

Livre

"Inside Lemke: Ein Klaus Lemke Lesebuch"
Un livre (en allemand) en hommage à la carrière de Klaus Lemke.
Schnitt - der Filmverlag

Liens



Vidéo - Extrait du film "Rockers"

Tracks
mardi, 23 mars 2010 à 05:00
Pas de rediffusion
(Allemagne, 2010, 52mn)
BR

Edité le : 10-03-10
Dernière mise à jour le : 22-02-11