"Poète maudit", "prince noir du théâtre" : ainsi est surnommé Klaus Michael Grüber en Allemagne. Grüber est né en 1941 à Neckarelz (Bade-Wurtemberg). Il fait des études de comédien à Stuttgart et rejoint ensuite le Piccolo Theatro de Milan, où il assiste le metteur en scène italien Giorgio Strehler.
De retour à Berlin, il ne se consacre plus qu'à la mise en scène. Avec "Les Bacchantes" en 1971 à la Schaubühne, Grüber se démarque déjà de ses confrères. Il porte sur le théâtre et l’opéra un regard mystérieux, à l'écart des conventions. Il est, avec Peter Stein, un pilier de l'inventive Schaubühne de Berlin, et les deux hommes restent pendant trois décennies les deux plus grandes figures du théâtre Outre-Rhin. En 1984, avec « Bérénice » de Racine, il signe la première mise en scène allemande à la Comédie Française.
Klaus Michael Grüber n'hésite pas à bousculer les codes de la représentation, comme dans "Voyage d'hiver", inspiré d'Hölderlin, dans l'ancien stade olympique nazi de Berlin. Cet homme exigeant s'attache peu aux aspects techniques et psychologiques du théâtre. Il mise tout sur l'émotion. Le théâtre contemporain allemand vient de perdre l'un de ses monuments.






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