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Samedi, 28 janvier 2006 à 20h40 - 27/01/06

L'Iran de la fin du IVème Millénaire au début du IIIème Millénaire

L'Aventure Humaine


Le tournant du IVè et IIIè millénaire est une période cruciale pour les civilisations iraniennes. Plusieurs cultures brillantes naissent à cette époque : les proto-élamites, à Jiroft, dans le Kermân, dans l'Hindu-Kush, en Bactriane, jusqu'en Sogdiane. Ainsi va se constituer un monde constitué de régions entretenant d'intenses rapports d'échanges commerciaux comme culturels entre elles, et aussi avec les deux régions se trouvant à ses extrémités, la Mésopotamie sumérienne à l'ouest et l'Indus à l'est.

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La civilisation proto-élamite
img_histoire_statuette_proto2.imageDataA la fin du IVè millénaire, la civilisation proto-sumérienne de Mésopotamie traverse une crise (fin de la période d'Uruk, début de celle de Jemdat-Nasr). Si celle-ci a des effets tout compte fait assez peu importants en Mésopotamie même, elle aura des répercussions en Susiane, qui est abandonnée par les proto-sumériens. Toute la plaine susienne est alors abandonnée au nomadisme, et seule la ville de Suse reste une agglomération importante grâce aux échanges inter-iraniens subsistant. La ville tomba rapidement aux mains des proto-élamites, des nomades élamites descendus des monts du Zagros, à l'est. Ceux-ci vont créer une civilisation portant leur nom autour de la ville de Suse, qui allait transmettre à ceux-ci l'héritage sumérien. Mais cette cité n'allait pas être leur capitale, et allait rester une colonie. C'est en effet à cette époque qu'est fondée dans le Fars, à Tepe Malyan, la ville d'Anshan. Cette cité, beaucoup plus vaste que Suse, devenait ainsi la capitale politique de l'Elam, marquant la domination du Haut-Pays sur la Susiane, dont la ville principale restait cependant la capitale culturelle, très influencée par la Mésopotamie dont elle fait géographiquement partie, avec laquelle elle entretient des rapports commerciaux intenses en temps de paix. L'équilibre entre les deux Elam se bâti à cette période. Les Proto-élamites sont probablement liés culturellement aux peuples qui créent à la même époque une civilisation brillante dans le Kermân (sites de Jiroft, Tepe-Yahya, Shahdad), juste à l'est de la région d'Anshan.
Fort de leur autonomie, les Proto-élamites allaient imiter les Sumériens et installer des comptoirs dans les sites les plus importants de l'Iran méridional, et devenir des marchands efficaces, un lien entre l'Iran riche en bien que convoitait la puissante Mésopotamie, dépourvue de ressources naturelles importantes.
Dans plusieurs sites iraniens furent retrouvés des tablettes en proto-élamite, témoignant de l'implantation et de la maîtrise du commerce par les Proto-élamites. On en a retrouvé à Tepe Yahya et Shahdad dans le Kermân, à Tepe Sialk et Tepe Ozbaki au nord, et à Shahr-i Sokhta dans le Seistan. Les Proto-élamites jouent donc un rôle de premier plan dans un Iran qui voit à cette période l'émergence de culture originales importantes.

img_histoire_statuette_proto.imageDataL'art proto-élamite se développe de manière originale, s'éloignant de la culture mésopotamienne pour plus se rapprocher de celle du plateau iranien d'où proviennent les nouveaux maîtres du pays, originaires de l'Anshan. L'art devient animalier. Les animaux ont dans ces représentations des activités humaines. Ils remplacent l'être humain dans les activités quotidiennes, et les figures mythologiques sont animales. Ceci ce manifeste dans tous les domaines artistiques, comme dans la tablette comptable ci-dessus, sur laquelle ont étés réalisées, avec des sceaux-cylindres, deux frises représentant des scènes mythologiques mettant en scène un lion puis un taureau. Cette tablette porte aussi des inscription en proto-élamite. Pour cette époque, la statuaire a produit des oeuvres remarquables.
La civilisation proto-élamite va continuer à développer l'écriture avec les acquis sumériens transmis via la Susiane, mais selon leur propre personnalité, et donc différemment du système mésopotamien.
 
Tablette proto-élamite

img_histoire_tablette_proto.imageDataL'écriture proto-élamite est de type pictographique, et ne franchira pas l'étape menant au système cunéiforme comme à Sumer. Comme les premières formes d'écritures, elle trouvera son application principalement dans le domaine commercial, comme le démontrent les nombreuses tablettes proto-élamites retrouvées sur les sites de l'Iran d'alors. On trouve donc des signes et des chiffres (avec un système qui avait pour base dix, et qui était donc décimal, à la différence du système sumérien, sexagésimal), servant à inventorier les marchandises, certains signes probablement des noms. De toute manière, cette écriture est toujours indéchiffrable, ce qui limite notre connaissance de la période. On sait néanmoins que l'écriture proto-élamite servait à transcrire la langue des Élamites du Haut Pays.
La personnalité culturelle de ceux-ci se retrouve dans leur écriture, qui diffère en bien des points de celle des Sumériens. Les pictogrammes sont ainsi fortement stylisés, abstraits même, ce qui les rend méconnaissables. On ne peut ainsi identifier clairement dans l'écriture proto-élamite une partie du corps, un animal, ou un objet, contrairement à l'écriture sumérienne.
Cette écriture, si elle fut diffusée jusqu'au confins du Plateau iranien, ne survécut pas à ses instigateurs. Elle disparut avec eux au XVIIIè siècle, et d'elle ne découlèrent apparemment aucune formes d'écritures avant longtemps, ce qui complique encore plus sa traduction.



img_histoire_kunar_sandal.imageDataJiroft et le Kerman

Le tell de Kunar Sandal B
Avec la civilisation proto-élamite et celle de la vallée du Halid, la région de Jiroft et du Kermân deviennent un foyer culturel majeur, autour des grands sites de Tepe Yahya (niveau IV B et C), de Kunar Sandal (près de la ville de Jiroft), et de Shahdad. On peut aussi mentionner les sites proches culturellement de la vallée du Bampur.
Ces trois derniers sites constituent une aire, qui semble être, d'après des découvertes toutes récentes et qui restent encore à approfondir, un foyer créateur d'une civilisation qui va influencer les régions voisines, en premier lieu, l'Élam, à partir de l'Anshan, puis ensuite vers la Susiane. Cette aire paraît ainsi très liée avec la civilisation Proto-élamite, comme l'attestent la présence de tablettes proto-élamites à Tepe Yahya et Shahdad, et celle de produits de l'artisanat du Kermân et de Jiroft en Elam. Ces cultures iraniennes sont alors à même de substituer leur influence à celle de Sumer en Susiane.
Tepe Yahya est un site très ancien (voir plus haut). Il s'agit du premier site de la vallée du Halid fouillé. Ce tell circulaire situé près de la rivière Kish-e Shûr a notamment livré de nombreux objets en chlorite, qui étaient réalisés sur place comme l'atteste la présence d'ateliers dans le tell.
Jiroft est la ville principale de la région où ont étés récemment découverts une multitude de sites archéologiques. Un cimetière ayant été fortuitement découvert par un habitant de la région en 2001, la population locale s'est livré pendant un an à des fouilles clandestines massives, avant d'être stoppée par l'intervention du gouvernement iranien. Les archéologues ont pu alors prendre le relais, sous la direction de M. Youssef Madjidzareh. Les fouilles ont livré de nombreux autres objets en chlorite, ce qui démontre que ces sites appartenaient à la même culture que celle de Tepe Yahya. Les sites principaux sont Kunar Sandal A et B. Du fait de leur découverte récente, la connaissance de cette civilisation reste encore très incomplète. On se questionne notamment sur l'importance de ce foyer. Quoiqu'il en soit, il s'agit d'une découverte archéologique de premier ordre, et qui ne manquera pas d'encore impressionner les passionnés.
Le niveau artistique atteint par les artisans locaux est remarquable. Les frises ornant les vases, les coupes, les objets en forme de "sac à main" retrouvés dans les tombeaux de la région sont d'un niveau impressionnant. Les motifs sont divers. Ils peuvent être géométriques, représenter la nature, des motifs architecturaux, ou représenter des animaux combattants, voire des hommes.

 
prog_le bouvier.jpg.imageDataVase en chlorite décoré exhumé à Jiroft
progr_scorpion.jpg.imageDataHomme-scorpion en chlorite retrouvé à Jiroft
 
 
La civilisation de Jiroft a été parfaitement intégrée dans les échanges inter-iraniens, bien aidée par sa position centrale. Vers l'ouest une route menait en Élam, et plus loin en Mésopotamie. A l'est, une autre route conduisait au Balûchistân et à la vallée de l'Indus à l'est. Vers le nord-est, on rejoignait la route du lapis-lazuli qui traverse le Seistan (Shahr-i Shokta), l'Hindu-Kush (Mundigak) puis la Bactriane (Shortughaï). Sans oublier au sud la proximité des côtes du Golfe Persique. Les habitants de la région vont ainsi pouvoir facilement exporter leurs productions. Les objets en cornaline vont ainsi connaître une très large diffusion, puisqu'on en retrouve dans tout l'Iran, dans l'aire bactro-margienne, dans la vallée de l'Indus, en Élam, en Mésopotamie, et même sur la côte sud du Golfe Persique, en Arabie (Tarut) et en Oman (Tell Abraq).
 
>>> Pour découvrir l'iconographie de Jiroft...
>>> Les élamites : du IV au IIème millénaire A. V. J.-C.
>>> L'Elam
>>> Glossaire de la Mésopotamie
 
 
Source : geocities.com
 
 
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samedi, 28 janvier 2006 à 20:40
Wiederholungen :
29.01.2006 à 14:00
04.02.2006 à 02:00
04.02.2006 à 11:55
(France, 2005, 52mn)
ARTE F
Réalisateur: Olivier Julien
ARTE F © Gedeon Programmes 
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Edité le : 25-01-06
Dernière mise à jour le : 27-01-06