Sortie du 8 juin 2005 - 09/06/05
L'annulaire
Un film de Diane Bertrand
Une adaptation anecdotique et maladroite du beau roman de Yoko Ogawa.
(France – Allemagne – Royaume Uni, 2005, 1h40)
Avec Olga Kurylenko, Marc Barbé, Stipe Erceg, Edith Scob…
Synopsis : Employée dans une usine, la jeune Iris se blesse à l’annulaire. Cet accident, en apparence léger, l’incite à quitter son travail. Elle trouve un emploi d’assistante dans un laboratoire. Ses activités lui semblent pourtant énigmatiques : le site est spécialisé dans la conservation d’objets dont les possesseurs ont du mal à se défaire, et dont il est fabriqué des spécimens. Sans vraiment comprendre ce qui se joue sous ses yeux, elle s’engage dans une troublante relation amoureuse avec son employeur…
Critique : Au moins, la réalisatrice Diane Bertrand n’aura pas chercher à égaler ou reproduire la pureté fascinante du célèbre ouvrage de la romancière japonaise Yoko Ogawa, dont le film est une adaptation. Coproduction dialoguée en français et tournée à Hambourg avec le concours d’une modèle russe dans le rôle principal, « L’Annulaire » use de son cosmopolitisme de façade pour voguer vers un esthétisme creux qui n’a pas vocation à être suggestif ou, pire encore, à se recommander de David Lynch. Du caractère lancinant du roman, Diane Bertrand ne retient qu’un érotisme un peu chic. Heureusement, il y a du plaisir dans son film, au moins celui pris à la volée par le décorateur et le chef opérateur. Le laboratoire inquiétant où s’engage Iris, à mi-chemin d’une demeure fantôme et de l’antre du docteur Frankenstein (celle des productions 60’s de la Hammer interprétées par Peter Cushing) fournit un décor attachant, où les éclairages nuancés distraient le spectateur, tout près de s’ennuyer pour de bon. Pourtant, le non-jeu d’Olga Kurylenko et celui, trop prononcé, de Marc Barbé (une nouvelle fois inquiétant et laconique) tirent davantage le film vers la caricature que le bis érotique et effrayant. Il y avait pourtant matière à générer un joli petit film d’atmosphère, entre les extérieurs du port de Hambourg, l’utilisation de la musique ensorcelante du jazzman éthiopien Mahmoud Ahmed et le jeu muet (et pertinent) du comédien allemand Stipe Ercerg, aperçu aux côtés de Daniel Brühl dans « The Edukators ».
Julien Welter
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L'annulaire
De Diane Bertrand
(France – Allemagne – Royaume Uni, 2005, 1h40)
Avec Olga Kurylenko, Marc Barbé, Stipe Erceg, Edith Scob…
Edité le : 07-06-05
Dernière mise à jour le : 09-06-05