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01/04/04

L'avis de la rédaction


Drôle de fable sociale d'inspiration surréaliste,
Max mon amour
signait la rencontre en 1985
entre deux univers a priori peu destinés à se croiser : celui du Japonais Nagisa Oshima, peintre des mœurs d'un Japon en pleine crise d'identité, et celui de Jean-Claude Carrière, fidèle collaborateur de Luis Buñuel pendant près de vingt ans. Le résultat est tout à fait surprenant : commençant comme un vaudeville bourgeois, proche en cela de Belle de Jour, le film bifurque ensuite vers l'étrange et un univers fantasmatique que n'aurait pas renié l'auteur du Journal d'une femme de chambre. Voyeurisme, fétichisme, sexualité dévoyée, satire féroce de la bourgeoisie bien-pensante – Max mon amour ne s'embarrasse pas des tabous d'une société corsetée par le poids des conventions et de l'hypocrisie. Récit d'une liaison amoureuse insolite – l'épouse d'un diplomate s'éprend d'un chimpanzé –, ce petit bijou d'humour iconoclaste dynamite la figure du couple et des "bonnes mœurs" : d'abord hostile à l'intrusion du primate au sein de sa cellule familiale, l'ambassadeur britannique en poste à Paris en devient le principal allié, acceptant de fait de former un "ménage à trois" hors normes. Avec son regard impénétrable et sa froideur communicative, Charlotte Rampling est tout simplement époustouflante de naturel dans un rôle difficile à tenir. Mention spéciale à la musique de Michel Portal. Un film méconnu à redécouvrir.


La rédaction de Ciném'arte

Edité le : 28-04-04
Dernière mise à jour le : 01-04-04