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Comme Alexandre Medvedkine, Boris Barnet, qui tourna son premier chef-d'oeuvre, La jeune fille au carton à chapeau, en 1927, fut un "cinéaste officiel" soviétique des plus fantasques, souvent en butte aux tracasseries de la censure, mais jamais réellement proscrit malgré sa profonde originalité. "Je ne suis pas, je n'ai jamais été un homme de théories, confia-t-il à Georges Sadoul, dans l'une de ses rares interviews. J'aime avant tout la comédie, je me plais à introduire des scènes drôles dans un drame et des épisodes dramatiques dans un film comique." Le créateur inspiré d'Okraïna (1933) s'interrogeait aussi : "Mon ambition a été de montrer les hommes dans la vie contemporaine. Mais je me demande si je vivrai encore assez longtemps pour peindre vraiment l'homme." Dans cette histoire d'espionnage à suspense, qui resta un classique du film de jeunesse tant que dura l'Union soviétique - et qui aurait, paraît-il, particulièrement enthousiasmé un petit pionnier nommé Vladimir Poutine -, on retrouve les grands traits de la filmographie d'époque, nourrie des énormes souffrances et de l'héroïsme de la "Grande Guerre patriotique". À ce récit ancré dans une réalité encore toute proche, Boris Barnet insuffle son art du détail et de la direction d'acteurs, son humanisme, et aussi son irrépressible fantaisie.
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