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Les mercredis de l'histoire Les mercredis de l’histoire proposent une approche critique des événements et épisodes de l’histoire européenne et internationale.

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14/02/05

L'homme de la paix

Le gouvernement PMF


En seulement sept mois et dix-sept jours en tant que président du Conseil, du 19 juin 1954 au 5 février 1955, Pierre Mendès France parvient à trouver une issue politique et diplomatique à la guerre en Indochine et à régler pacifiquement la question de l’autonomie tunisienne. En revanche, il aura tout juste le temps en janvier 1955 de s’attaquer à la question de l'indépendance algérienne, qu'il est renversé par une majorité de députés de droite partisans de l'Algérie française. Dès son investiture, il prend l’initiative originale de s’adresser toutes les semaines aux Français par le biais de la radio pour les informer des actions du gouvernement. Le ton change des discours officiels. Mendès France s'adresse personnellement à chaque auditeur. Une démarche qui symbolise sa conception de la démocratie directe à l’écoute des citoyens et son goût pour l’art oratoire. 

a lire aussi

Année 1954

21 mai 1954
A la suite de la défaite de Diên Biên Phu, PMF adresse une lettre ouverte à Joseph Laniel.
9 juin
Á l’Assemblée nationale, le député PMF interpelle le gouvernement sur sa politique indochinoise. Son discours hâte la chute du cabinet Laniel. Le 13 juin, le Président René Coty demande à Mendès France de former un nouveau gouvernement.
Nuit du 17 au 18 juin
PMF est investi à la présidence du Conseil ; il prend en charge également le ministère des Affaires étrangères. Dans son discours d’investiture, PMF s’engage à régler le problème indochinois et à conclure la paix. Il formule alors à la tribune de la chambre de l’Assemblée ce qu’on a appelé son pari ou l’ultimatum lancé à lui-même : « Nous sommes aujourd'hui le 17 juin. Je me présenterai devant vous le 20 juillet et je vous rendrai compte des résultats obtenus. Si aucune solution satisfaisante n'a pu aboutir à cette date, vous serez libérés du contrat qui nous aura liés et mon gouvernement remettra sa démission à M. le président de la République. »
23 juin
Il s’entretient avec Chou En Laï, ministre des affaires étrangères de Chine populaire, à Berne en Suisse. 
26 juin
PMF inaugure la série radiodiffusée des causeries hebdomadaires le samedi pour informer les français sur sa politique. Vingt-six émissions seront diffusées entre juin 1954 et janvier 1955.
30 juin
Entretien avec Paul Henri Spaak, ministre belge, sur la Communauté européenne de défense (CED)
7 juillet
Déclaration de PMF devant l'Àssemblée nationale sur l'envoi du contingent en Indochine : « La dernière étape, celle qui conduit à la paix ».
Genève : entretiens entre PMF et Molotov et PMF et Chou En Laï.
Nuit du 20 juillet au 21 juillet
La Conférence réunissant à Genève les délégations française, vietminh, américaine, russe et chinoise parvient in extremis, après avoir dû arrêter les pendules du Palais des Nations de Genève pour rester dans les temps, à un accord sur l’Indochine. L’armistice est signé.  L’indépendance du Laos et du Cambodge ainsi que du Vietnam (séparé en deux États) sont reconnues.
31 juillet
À l’appel de Habib Bourguiba, son leader charismatique, la Tunisie revendique elle aussi son indépendance. PMF a décidé que ce pays qu’il aime et dont il admire les hommes, ne saurait devenir un foyer nationaliste faisant de l’Afrique du nord, une nouvelle Indochine. Le 31 juillet 1954, il se rend en Tunisie, accompagné de Christian Fouchet, son ministre des Affaires tunisiennes et marocaines et du maréchal Juin. Pierre Mendès France se rend au Palais de Carthage et déclare devant le bey de Tunis, Sidi Lamine, que le statut d’autonomie interne à la Tunisie est accordé par le gouvernement français.
26 août
Ouverture de la conférence de Paris réunissant la France, le Vietnam, le Laos et le Cambodge pour organiser le transfert de compétences.
30 août
L'Assemblée nationale rejette le projet de Communauté européenne de Défense (CED) prêt depuis déjà deux ans mais qui n’a toujours pas abouti. La CED qui autoriserait le réarmement de l’Allemagne et mettrait sur pied une armée européenne sous autorité supra-nationale (composée des six membres de la CECA -Communauté européenne du charbon et de l’acier- ) divise la classe politique. Les partisans d’une Europe fédérale la soutiennent sans nuances mais les courants nationalistes s’y opposent avec la plus extrême vigueur. Malgré ces réticences, Mendès France tente d’obtenir des partenaires européens lors de la conférence de Bruxelles du 22 août 1954, un assouplissement du traité dans un sens moins fédéraliste. Mais il n’y parvient pas : le 30 août, les députés refusent de ratifier le traité instituant la CED par 319 voix contre 264.
19 octobre
La rencontre entre PMF et Konrad Adenauer à La Celle-Saint-Cloud marque le début de la réconciliation franco-allemande. « Nous nous réconcilierons avec l'Allemagne sans nous séparer de l'Angleterre », avait déclaré PMF à la radio le 2 octobre ; il revient sur ce point le 24 : « France et Allemagne ont besoin l'une de l'autre ».
21 octobre
L’État français restitue à l’Inde les comptoirs de Yanaon, de Mahé, de Karikal et de Pondichéry.
1er novembre
Début de la guerre d'Algérie. Le jour de la Toussaint 1954, trente attentats ont lieu en divers points de l’Algérie qui est, sur le plan administratif, un département français. Ceux qu’à partir de ce jour les autorités françaises appellent les rebelles, annoncent la création d’un Front de libération nationale (FLN). Sur place, les autorités françaises restent convaincues de contrôler malgré tout la situation. A Paris, le gouvernement n’envisage pas pour l’Algérie la même évolution que celle engagée en Tunisie. L’écrasante majorité de l’opinion publique n’imagine pas un instant que l’Algérie puisse sortir du giron de la République.
10 novembre
Premier train de mesures contre l'alcoolisme.
24 décembre
L'Assemblée nationale approuve le rétablissement de la souveraineté allemande et l'accord sur la Sarre.
30 décembre
L'Assemblée nationale autorise la ratification des accords de Paris du 23 octobre, stipulant la fin du régime d'occupation de la République fédérale allemande, l'accession de l'Allemagne fédérale et de l'Italie au traité de Bruxelles et la création de l'Union de l'Europe Occidentale (UEO).

Année 1955

Janvier
Dès janvier 1955, Pierre Mendès France prend les premières décisions qui vont dans le sens d’une réduction des inégalités en Algérie entre les colons et la population musulmane. Elles visent notamment à déplacer hors d’Algérie les policiers dont le comportement est indigne des valeurs républicaines. C’en est déjà trop pour la fraction la plus dure des colons, très influente au Parlement, où le député de Constantine, René Mayer, est leur porte-parole. Bien que membre du même Parti radical que le président du Conseil, Mayer profite de l’émotion provoquée à droite et au centre par ces premières mesures, pourtant modestes, pour rassembler une majorité hétéroclite qui obtient le 5 février le départ de Mendès France.
5  février
À l’issue d’un débat parlementaire sur la politique en Afrique du Nord, le gouvernement de PMF est renversé. Après sept mois et dix-sept jours, c’en est fini de ce gouvernement animé par ce que Charles de Gaulle appellera dans Mémoires d'espoir, l’ardeur, la vigueur et la valeur de PMF.
Pierre Mendès France déclare alors : « Ce qui a été fait dans ces sept ou huit mois restera. Ce qui a été mis en marche dans ce pays ne s'arrêtera pas. Les hommes passent. Les nécessités nationales demeurent. […] Par-delà les accidents de la politique, au-dessus des querelles d'hommes et de partis, le chef du gouvernement qui s'en va transmet à celui de demain l'appel qu'à sa place il lui a été donné d'entendre : c'est celui de l'espérance d'un grand peuple, à juste titre impatient. Et à l'Assemblée nationale, dépositaire de la souveraineté, il dit simplement : Vous représentez cette espérance, ne l'oubliez jamais.  »
Le vote qui met fin au gouvernement Mendès France est acquis par 319 voix contre 273 et 22 abstentions. Le gros de cette majorité hostile est composée de députés des divers groupes de droite qui s’opposent au règlement de la question algérienne par une politique mendésiste comme en Tunisie.
À ces voix s’ajoute l’essentiel du groupe centriste d’alors, le Mouvement républicain populaire (MRP), très attaché au projet fédéraliste européen, qui n’a pas pardonné l’échec de la CED. La totalité du groupe communiste, fort à l’époque de 94 membres, sert d’appoint à la droite et au centre pour renverser l’homme qui a pourtant mis fin à la guerre d’Indochine. Mais, emboîtant comme d’habitude le pas des Soviétiques, il lui reproche d’avoir permis le réarmement de l’Allemagne ; de plus, la grande popularité de Mendès France apparaît comme une concurrence redoutable pour l’influence du PC. Celui-ci saisit donc la première occasion pour l’abattre.

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mercredi 16 février à 20.45
Pierre Mendès France - La morale de l'histoire
Documentaire de Jean-Christophe Rosé - France 2004 - 54'
Commentaire de Jean Lacouture
Coproduction : ARTE France, Kuiv Productions

Edité le : 11-02-05
Dernière mise à jour le : 14-02-05


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