Natalie Dessay semble constamment au bord de l’éruption, comme si, sous son petit gabarit d’ancienne ballerine, quelque chose de bestial bouillonnait. Est-ce parce que son père, Louis, était ingénieur dans les explosifs ? Où est-ce parce que sa mère, à sa naissance, décide d’ôter le « h » de son prénom, en hommage à Natalie Wood et à sa « Fureur de vivre » ?
À 45 ans, toute son histoire semble être l’inverse de celle Peau d’Âne, l’héroïne de son enfance. Eh oui, Peau d’Âne, la princesse planquée sous une peau de bête. Elle, c’est la bête déguisée en diva. L’adolescente est timide, souffre un peu, bref, on ne l’entend pas beaucoup. Puis elle se lance dans le théâtre. Un jour, un rôle lui impose de chanter, c’est à ce moment-là qu’elle découvre sa voix. « On va enfin m’entendre », pense-t-elle soudain.
Et depuis, Natalie Dessay chante tout le temps. Elle Olympia, la Reine de la Nuit, Lucie de Lammermoor, Pamina… En 2007, en plein New York, c’est tout Times Square qui l’entend. La même année, elle chante Marie, dans la Fille du Régiment. Pour cette prestation, elle reçoit le prix Laurence Olivier, normalement dédié… au théâtre.
Ça tombe bien, puisque Natalie Dessay se vit comme « une actrice qui chante ». En robe longue ou en bikini, en tailleur ou en robe de poupée, elle saute, elle tape, elle hurle… Alors, comment, de ce corps volcanique, sort une lave si stupéfiante de pureté ?
- Liens :
Michael Gregorio entame une tournée de janvier à juin 2011. Retrouvez toutes les dates sur son site officiel.
Retrouvez les grands airs de Cléopâtre que Natalie Dessay interprétera dans le Jules César de Haendel au Palais Garnier à partir du 17 janvier.








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