Voici à gauche un fleuriste allemand qui emballe un bouquet pour un client.Très joli choix de fleurs.
Voici à droite, un fleuriste français qui se livre au même exercice. Très joli choix aussi. Si le fleuriste français emballe ainsi les fleurs, c’est que le client, à la rituelle question : « C’est pour offrir ou c’est pour la maison ? » aura répondu : « pour offrir ! »
Mais il ne s’agit pas pour nous de comparer les camaïeux de couleurs, il s’agit d’autre chose, il s’agit de l’emballage lui-même.
En France, le fleuriste choisit un joli emballage ton sur ton, ici un rose fuchsia pour mettre en valeur les fleurs et il noue délicatement un brin de raphia autour du bouquet, voilà ;
En Allemagne, le fleuriste empaquette le bouquet, on pourrait même dire qu’il l’emmaillote hermétiquement, plus soucieux visiblement de le dissimuler ou de le protéger que d’en faire une œuvre d’art.
Bon, voici maintenant nos deux clients munis de leurs jolis bouquets.
Voyez comment il tend fièrement son bouquet à son hôtesse en guise de bonjour.« Oh, le beau bouquet », s’extasie cette Française !
Le problème, en Allemagne, c’est qu’on ne sait jamais quoi faire du papier…
Vous comprenez maintenant pourquoi le fleuriste avait porté si peu d’attention à son emballage.
Il faut donner les fleurs à son hôte comme si on venait de les cueillir dans une prairie. L’authentique, toujours la recherche de l’authentique.En France, l’emballage fait partie du cadeau. Il donne au bouquet une apparence plus précieuse, plus sophistiquée : l’apparence, toujours l’apparence.







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