Le divin Michel-Ange
Documentaire de Tim Dunn
(Royaume-Uni, 2004, 1h58mn)
Production : BBC
Sculpteur, peintre, architecte, ingénieur, poète, Michel-Ange est le plus démesuré des artistes de la Renaissance. C’est aussi le plus païen des illustrateurs de la foi catholique. Portrait.Né à Caprese près d’Arezzo, en Toscane, le 6 mars 1475, Michel-Ange entre à 14 ans en apprentissage chez l’artiste Domenico Ghirlandaio. Celui-ci détecte immédiatement chez l’enfant des talents très supérieurs aux siens. Il l’introduit auprès de Laurent de Médicis, maître tout-puissant de Florence et principal mécène de son temps. Après la chute des Médicis, Michel-Ange se réfugie à Rome auprès du pape Jules II. L’artiste se fait remarquer par son tempérament taciturne et ses manières peu sociables. Il est en butte à la concurrence du doux Raphaël et d’autres artistes plus accommodants. C’est pourtant à lui que Jules II demande, en 1508, de décorer la voûte de la chapelle Sixtine…
Le beau et le sacré
Tourné à Rome et Florence, ce documentaire-fiction montre comment l’artiste toscan a poursuivi, jusqu’à sa mort, une collaboration âpre et féconde avec tous les papes de la Renaissance. Le fait de travailler pour l’Église et d’illustrer des sujets religieux n’empêche pas Michel-Ange de révolutionner la représentation picturale. Il est le premier depuis l’Antiquité à glorifier l’homme avec autant d’audace. Bousculant les principes traditionnels de l’art, il est rapidement consacré et surnommé “le divin”. On lui doit quelques-uns des plus grands chefs-d’œuvre de la Renaissance : la Pietà de la basilique Saint-Pierre de Rome, les sculptures de David et de Moïse, une fresque racontant la création sur la voûte de la chapelle Sixtine et, au-dessus de l’autel, le célèbre Jugement dernier. À l’époque, cette œuvre suscita de vives polémiques à cause de la nudité joyeuse des personnages. L’énergie et la force vitale qui s’en dégagent évoquent davantage la mythologie d’Hésiode que la compassion évangélique. Achevé en 1541, le Jugement dernier sera d’ailleurs retouché en 1564 afin de “rhabiller” ses protagonistes sacrés. Les bustes d’esclaves à demi ébauchés dans le matériau, n’est-ce pas l’homme créé à partir de la terre ? Et que dire des David-Apollon, magnifiques représentations du corps humain ? Michel-Ange s’affirme comme le plus païen des illustrateurs de la foi catholique. Il n’y a guère que la Pietà douloureuse de Saint-Pierre de Rome, qu’il réalisa à l’âge de 25 ans, qui échappe à ce parfum de paganisme.
22h35
Les trésors du Vatican
Documentaire de Krzysztof Talczewski
(Pologne/France, 2006, 1h30mn)
Production : TVP, Point du Jour
Un voyage surprenant et magnifique au cœur du Vatican, centre du catholicisme depuis le IVe siècle et plus petit État du monde.
"Le pape, combien de divisions ?", demanda un jour Staline, qui ironisait sur le fait que le Vatican est le plus petit pays du monde. Réponse : le Saint-Père n’est protégé que par deux cents gardes suisses. Pourtant, les regards de plus d’un milliard de catholiques convergent vers lui. Krzysztof Talczewski retrace son histoire des origines jusqu’à nos jours, nous fait découvrir son patrimoine architectural et artistique. C’est au Vatican que s’est dessinée l’histoire de la chrétienté en Occident, du martyre de Pierre à la construction de la basilique qui porte son nom, de la construction de la chapelle Sixtine aux jardins de l’Académie. Le documentaire, ponctué d’entretiens avec des historiens et des journalistes, montre par exemple comment, pendant la Renaissance, des artistes tels que Bramante, Michel-Ange et Raphaël se sont trouvés à la jonction entre la dimension spirituelle et temporelle de l’action du pape. Aujourd’hui, le Vatican, c’est une économie, une action politique et une diplomatie non négligeables. Le documentaire montre aussi le quotidien de ce micro État sous la garde de ses fameux Suisses, doté de services postaux et de quatre langues officielles (l’italien, le français, le latin et l’allemand).
0h10
Qui était Marie-Madeleine ?
Documentaire de Jens Peter Behrend
(Allemagne, 2004, 44mn)
Pécheresse repentie ou épouse de Jésus ? Depuis deux mille ans, la figure sensuelle de Marie-Madeleine soulève des questions. Enquête en Galilée, en Égypte et en Provence, complétée par les explications de théologiens et de Dan Brown (Da Vinci code).Qui est, dans la Cène de Léonard de Vinci, le personnage aux traits indubitablement féminins assis à la droite de Jésus, là où devrait se trouver l’apôtre Jean ? Est-ce Marie-Madeleine ? Est-ce elle que désigne l’expression de l’Évangile de Jean “le disciple que Jésus aimait” ? Était-elle liée à Jésus par une relation autre que spirituelle ? Était-elle son épouse, sa maîtresse ? A-t-elle eu des enfants de lui ? Jens Peter Behrend a suivi la trace de celle que les textes présentent comme une pécheresse repentie, une prostituée ramenée dans le droit chemin. L’enquête débute à Magdala, en Galilée, lieu qui lui a donné son nom et où Jésus l’a baptisée. Elle se poursuit en Égypte, où ont été retrouvés des écrits montrant Marie-Madeleine comme la plus proche d’entre les proches de Jésus. Enfin, le film nous emmène en Provence, où la tradition veut qu’elle ait vécu les dernières années de sa vie dans des grottes. Quelle est la part de légende et de vérité dans l’histoire de Marie-Madeleine ? Archéologues et historiens apportent leurs réponses aux questions que soulève le personnage – et que certains chrétiens considèrent comme blasphématoires. Par ailleurs, la controverse se poursuit entre les théologiens et Dan Brown, qui dans son Da Vinci code présente Marie-Madeleine comme la compagne de Jésus. Le film tiré du livre sort en salles le 17 mai.
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L’Église, entre le sacré et le sensuel
THEMA, ARTE
16.04., à partir de 20h40






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