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11.06.05 A 19.00 - 13.06.05 A 17.00 / Le FORUM des Européens - 08/06/05

L’Europe et les ventes d’armes

Présentation : Anne-Sophie Mercier et Matthias Beermann.


L’Union européenne s’enorgueillit d’être la seule région du monde à s’être imposée une éthique stricte pour tout ce qui concerne les exportations d’armes. Mais il faut exporter pour rentabiliser ou bien renoncer à concevoir et fabriquer nos propres équipements et perdre des milliers d’emplois... Forum met son nez dans l’Europe des armes.


En 1998, les gouvernements de l'UE se sont engagés à respecter un Code de conduite qui leur interdit de vendre des armes à un pays qui ne respectent pas les huit critères éthiques définis par le code (droits de l’homme, menace extérieure, conflit …
Au nom de la transparence ils s’engagent aussi à communiquer leurs décisions, vente ou refus, à tous les autres Etats membres.

Ce code n’est pourtant qu’incitatif : son respect n’est contraint par aucune sanction en cas de violations, aucune mesure ne permet d’imposer la transparence des échanges. Les faits sont là, l’Europe est un très grand marchand d’armes : un tiers des armes exportées dans le monde proviennent de l’un ou l’autre des 25 Etats membres de l’Union ; la France, l’Allemagne et le Royaume Uni sont respectivement 3e, 4e et 5e exportateurs mondiaux. On ne compte plus les interventions de nos Chefs d’Etat auprès des gouvernements étrangers pour soutenir nos industries d’armement. Et la liste de nos principaux clients est édifiante : l’Arabie saoudite, les Emirats Arabes Unis, l’Inde et le Pakistan (en conflit ouvert), Taiwan et la Chine, la Birmanie, la Libye…

Cynisme européen? Réalisme économique et sûreté nationale, répondent les responsables politiques : « Notre marché intérieur est trop étroit pour rentabiliser les investissements nécessaires à la mise au point des armes nécessaires à l’équipement de nos propres soldats. Il faut exporter pour rentabiliser, ou bien renoncer à concevoir et fabriquer nos propres équipements, et perdre des milliers d’emplois. » Forum met son nez dans l’Europe des armes.



L'INVITE

Guillaume DASQUIE, journaliste et écrivain spécialiste de géostratégie, directeur de recherche à IRIS ( Institut de relations internationales et stratégique



LES REPORTAGES


Vendre des armes à la Chine

Depuis quelques mois, les Européens ont trouvé un nouveau motif de discorde : Faut-il ou pas lever l’embargo sur les ventes d’armes imposé à la Chine après la répression du Printemps de Tienanmen, il y a 16 ans ? Doit-on maintenir ou pas une sanction contre un régime qui continue à violer les Droits de l’Homme, ou, se préoccuper d’abord de l’emploi et chercher à s’introduire dans le très gros marché de l’armement que représente la Chine, déjà grand partenaire économique et industriel ? La France et l’Allemagne souhaitent se concilier les bonnes grâces de la Chine en levant une sanction supposée caduque et infamante : le régime chinois aurait évolué et fait des progrès démocratique, et ne mériterait plus de figurer au même rang que la Birmanie ou le Zimbabwe. D’autant que montrer la bonne volonté européenne ouvrirait aussi un accès très diversifié pour d’autres secteurs sur le marché chinois. Français et Allemands estiment d’ailleurs que la levée de l’embargo n’aurait aucune conséquence déterminante : la Chine s’approvisionnant depuis longtemps auprès des Soviétiques, puis des Russes, les Européens ne prendraient en fait qu’une très petite part duce marché dans ce domaine.
Les pays scandinaves estiment eux que la Chine est encore bien trop loin d’être un Etat de droit et que rien ne justifie une levée des sanctions, au moment même où La Chine vient de réaffirmer son ambition de reconquérir Taiwan. Le Royaume Uni et les pays d’Europe centrale se rangent derrière les américains qui considèrent que l’équilibre stratégique de l’Asie serait déstabilisé par une levée de l’embargo et que les actuelles tensions chino-japonaises sont là pour attester de cette fragilité .
Quoi qu’il en soit, l’embargo est de fait très relatif puisque l’Europe peut déjà vendre des équipements militaires à la Chine, dès lors qu’il ne s’agit pas d’armes létales.
Les industriels, eux, sont discrets : ils sont évidemment très tentés par le marché chinois, mais ne souhaitent pas mécontenter les Américains, premier client mondial sur le marché des armes.



Au Darfour : le G3, d’Obendorf

Le G3 est un fusil d’assault polyvalent et maniable Depuis son entrée en service dans les années 1950, il a su séduire de nombreux combattants, qui l’ont surnommé « le fusil d’assault universel ». Après l’AK 47 Kalashnikov russe et le M16 américain, le Heckler und Koch G3 est l’une des armes légères les plus utilisées dans les différents conflits de la planète : on en dénombre près de 7 millions actuellement en service.
Mis au point en Espagne, sa fabrication en série a été confiée à la célèbre firme Heckler & Koch, installée dans le village allemand d’Obendorf. Obendorf accueille aussi Rheinnemetal, le géant allemand de l’armement. Comment se gère une entreprise de fabrication d’armes légères ? A Oberndorf combien de gens vivent de la fabrication et du commerce des armes ? Comment vérifie-t-on que les fusils dans quelles mains les armes finissent en réalité par aboutir ? Pourquoi des G3 ont-ils pu être utilisés dans la guerre civile au Darfour ? Les nouveaux modèles d’ Heckler und Koch Se pourrait-il que les productions d’Oberndorf se trouvent en violation des engagements pris par l’Allemagne. Reportage auprès d’un marchand d’armes qui respecte les codes de déontologie à la lettre.



Belgique : à quoi reconnaît-on une arme ?

Le code de déontologie mis en place par l’Union Européenne doit bientôt être remis à jour.
Et l’une des questions les plus complexes posées par le contrôle des ventes d’armes est celle du matériel de haute technologie à double usage civil et militaire.
Ainsi, une entreprise de Belgique exporte des presses hydrauliques qui peuvent, sous certaines conditions, entrer dans la fabrication d’armes nucléaires. Elle respecte les règles : aucune exportation sans licence des autorités belges. Pourtant , la CIA est intervenue pour réclamer un meilleur contrôle des presses hydrauliques qui doivent être vendues à l’Iran. Et malgré les dénégations de l’entreprise qui assure que ces presses sont destinées à construire des avions, les douanes belges ont interdits leur exportation en décembre dernier.. .Avant de s’apercevoir qu’elle les avaient laissées passer en janvier. Un exemple de la confusion des textes : comment définir avec précision de ce qui est interdit, par qui et vers qui ?



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Edité le : 08-06-05
Dernière mise à jour le : 08-06-05