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Mercredi 31 août 2005 à 22.40 - 26/08/05

L’état des choses

Un film de Wim Wenders


Réflexion sur le transitoire, le fugitif et le contingent de la vie et des images, avec une mise en abyme du cinéma portée par deux réalisateurs monuments – Roger Corman et Samuel Fuller, ici acteurs – dans un film sensible et beau signé Wim Wenders.

Film de Wim Wenders
(Allemagne, 1982, 1h47mn, noir et blanc, VOSTF)
Scénario : Wim Wenders, Robert Kramer et Josh Wallace
Avec : Patrick Bauchau (Friedrich Munro), Paul Getty Jr. (Dennis, le scénariste), Isabelle Weingarten (Anna), Samuel Fuller (Joe), Viva Auder (Kate, la scripte), Roger Corman (l’avocat)
Image : Henri Alekan, Fred Murphy, Martin Schäfer
Musique : Joe Ely, Allen Garfield, Jim Jarmusch, Jürgen Kneiper
Montage : Barbara von Weitershausen, Peter Przygodda, Jon Neuburger
Production : Road Movies Filmproduktion, Wim Wenders Produktion,
ZDF, Projekt Filmproduktion, VQ Films, Gray City Inc.
ARTE G.E.I.E.
(Rediffusion du 14 novembre 1994)
LION D’OR AU FESTIVAL DE VENISE 1982

  • Synopsis

Sur la côte portugaise, entre une plage et un hôtel, le réalisateur Friedrich Munro et son équipe tournent un film de science-fiction, The Survivors, remake d’un film d’Allan Dwan. Mais le tournage est bientôt en panne, faute de pellicule. Le producteur, en voyage aux États-Unis pour trouver des fonds, disparaît. L’équipe, plongée dans l’expectative, part lentement à la dérive. Chacun se replie sur soi et passe le temps comme il le peut: Kate, la scripte, peint et enregistre son journal sur cassette, Mark prend des bains en écoutant la musique de Joe et se prend en photo avec un Polaroïd. Sur ce rivage du bout du monde, le temps semble s’être arrêté ; et l’inertie gagne... jusqu’à ce que le réalisateur, Friedrich, décide de partir à son tour de l’autre côté de l’Atlantique, à Los Angeles, pour éclaircir ce mystère.


  • L’état des choses ou l’état du cinéma ?

Ainsi qu’en témoignent les nombreux jeux de miroirs qui jalonnent L’état des choses, Wim Wenders amorce ici une réflexion sur le septième art, auquel il rend hommage en employant comme acteurs les deux réalisateurs Samuel Fuller et Roger Corman. Comme toujours chez le cinéaste allemand, est posé le problème du réel et de sa représentation. L’état des choses s’ouvre par un film dans le film. La réalité se révèle être une fiction, un phénomène de mise en abyme fait naître l’incertitude. Ce sentiment se renforce lorsque le tournage de Survivors est interrompu: chaque acteur, livré à lui-même, se fait tout de même “son cinéma”, appareil photo ou magnétophone en main, comme si l’être humain ne pouvait exister que mis en scène...

Wim Wenders, de nationalité allemande mais ayant choisi de vivre aux États-Unis,fait coexister dans L’état des choses les cinémas européen et américain. Deux pays, deux visions de l’art : celle, “innocente”, du réalisateur et celle, lucrative, du bailleur de fonds. Friedrich ne peut réaliser son film parce qu’il est en noir et blanc et, de ce fait, certainement promis à un échec commercial. Le monde interlope de la mafia, à l’origine du financement du film, s’oppose à ce projet par tous les moyens... et finit par avoir le dernier mot.

Edité le : 09-08-05
Dernière mise à jour le : 26-08-05