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22/09/06

L’hirudothérapie

Les sangsues au service de la médecine


Dès l’antiquité, l’hirudothérapie était une méthode très répandue en médecine. Elle connut un renouveau dans les années 1960. Grâce à ses propriétés d’hémodilution, d’anticoagulation et de vasodilatation, la sangsue s’avère être une thérapeute de premier choix, surtout pour les cas de mauvaise circulation sanguine locale.

Les sangsues font partie de l’embranchement des annélides tout comme le ver de terre. Elles se nourrissent de sang. Pendant le processus de succion, les sangsues sécrètent une quantité de substances aux vertus thérapeutiques à l’intérieur du corps de leur victime. La plus connue est l’hirudine qui empêche la coagulation du sang au niveau de la morsure. Une autre substance qui se diffuse dans le corps tout entier empêche la formation de caillots. Les sangsues sécrètent de nombreuses autres substances vasodilatatrices, analgésiques ou bien qui permettent de stimuler la circulation du sang dans tout le corps.

L’hirudothérapie est avant tous utilisée en cas de troubles de l’appareil locomoteur, de douleurs lombaires, d’arthrose du genou ou encore d’entorse. Mais les sangsues sont également employées pour soigner les troubles circulatoires et de maladies veineuses (varices, phlébites) ou pour soigner les patients qui ont eu un infarctus ou une attaque cérébrale. En outre, comme elle active la circulation, l'hirudothérapie peut accélérer la guérison.

Pour soulager les douleurs menstruelles, le médecin place les sangsues au niveau du sacrum, à proximité des nerfs et des artères qui alimentent en sang les organes du bassin. Les substances sécrétées par les sangsues ont un effet à la fois décontractant, calmant et anticoagulant. L’effet thérapeutique engendré par les pertes de sang est relativement minime. L’efficacité du traitement serait principalement lié aux substances que les sangsues sécrètent dans notre organisme. Les sangsues doivent rester posées environ 90 minutes. Mais ça vaut le coup d’être patient : selon le médecin Claudia Moser, ce traitement est, en effet, souvent couronné de succès: "On arrive à atténuer, voire à éliminer complètement, les douleurs menstruelles. Ce traitement s’avère efficace pour près de 80 % des patientes. Pour d’autres maladies comme l’arthrose du genou, on obtient des résultats encore plus élevés. L’hirudothérapie permet de soulager la quasi-totalité des patients."

Les morsures des sangsues ressemblent à de petites piqûres d’aiguille. Afin d’éviter les risques d’infection, il est préférable de ne pas stopper les saignements, car ils permettent de nettoyer la plaie. Les problèmes circulatoires sont un effet secondaire fréquent de l’hirudothérapie. Dans certains cas, les anticoagulants peuvent, en effet, entraîner des troubles de la circulation sanguine. Les patients immunodéprimés ne doivent, en aucun cas, être traités par hirudothérapie en raison des risques d’infection que cela implique. Mais il faut également prévenir les patients que le traitement ne marche pas forcément à tous les coups ; par ailleurs, il est relativement coûteux.
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HIPPOCRATE - Magazine de santé
Mardi 25 novembre 2005 à 14h45
Rédactrice en chef : Heidemarie Petters Une coproduction ZDF -ARTE G.E.I.E.

Edité le : 21-10-05
Dernière mise à jour le : 22-09-06