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Hors des âges et pourtant élégamment contemporain, le lycée redevient sous l’œil de Christophe Honoré le lieu de la parade mélancolique. Interview exclusive

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Actualité DVD - 04/12/08

L’homme qui voulait savoir

( note Arte: 4 ) Vingt ans après, la mécanique de ce film calmement horrible fonctionne toujours.

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De Georges Sluizer
(1988, Pays-bas – France, 1h42)
Avec Bernard-Pierre Donnadieu, Gene Bervoets, Johanna Ter Steege…

Un DVD Carlotta – Nouveau Master restauré

Synopsis : En vacances en France, pendant l’été, un couple de hollandais fait une halte sur une aire d’autoroute. Rex (Gene Bervoets) attend Saskia (Johanna Ter Steege), partie acheter des rafraîchissements, mais elle ne revient pas. Il va investiguer pendant des années, renonçant à sa vie professionnelle et sociale pour connaître la vérité sur le sort de sa compagne. Un jour, il reçoit une carte postale. Le besoin de savoir sera le plus fort.

Critique : Peut-être agacé par la réputation considérable de ce film, qu’on a tôt fait d’estimer surfaite comme il en va souvent des œuvres réduites à leur grande malignité, on croit pouvoir démonter rapidement la mécanique de « L’homme qui voulait savoir ». Puisque Georges Sluizer installe calmement son récit, à la manière d’un Polanski, il sera d’autant plus facile d’être pris, de part notre présomption et comme d’autres spectateurs vingt ans avant nous (le film est sorti en 1989 en France), au piège de cette œuvre qui laisse en définitive démuni et hagard. Calme, le personnage principal de ce récit dont certains enjeux se révèlent longtemps après le générique de fin l’est effectivement. Professeur besogneux et père de famille tancé chez lui, presque papa poule ou chef scout dont on s’amuse des obsessions et des manies, Bernard-Pierre Donnadieu campe Raymond Lemorne, un curieux nîmois dont la destinée est associé au couple des vacanciers hollandais.

L’aspect malsain et morbide, non seulement du film mais aussi de la quête névrotique de Rex pour savoir, est accentué au lieu d’être contrebalancé par l’apparence débonnaire et ronde de Donnadieu. Les monstres ont toujours été créés pour nous révéler notre propre inhumanité, et le besoin de Rex apparaît aussi inquiétant que les manigances de Lemorne. Sluizer rend toute son humanité et toute son atrocité à chacun d’eux. Il y a du grotesque chez ce cinéaste, ce qui ne rend bien sûr son propos que plus effrayant, et des accents d’humour noir qui précisent une folie au quotidien, dont le spectacle est toujours ambiguë. L’usage du minitel rose, la conduite d’un BX ou l’écoute du tour de France à la radio… : Les signes d’une localisation en France, pendant les vacances et lors d’un été dans les années 1980, nous anesthésient par leur pittoresque, tandis que les aspects d’un récit calmement horrible frappent sans prévenir.


Julien Welter

Bonus : Une bande-annonce d’époque.
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L’homme qui voulait savoir
De Georges Sluizer
(1988, Pays-bas – France, 1h42)
Avec Bernard-Pierre Donnadieu, Gene Bervoets, Johanna Ter Steege…
Un DVD Carlotta – Nouveau Master restauré

Edité le : 04-12-08
Dernière mise à jour le : 04-12-08