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19.02.2005 - 23.50 : metropolis - 18/02/05

La Berlinale

Les dix jours de la Berlinale touchent à leur fin. Si le directeur du festival Dieter Kosslick aime jouer les animateurs, il aime tout autant montrer son engagement politique. La surprise du cru 2005: les films réalisés par et sur les jeunes, et ce dans toutes les sections du festival. Ils nous transportent dans les régions obscures de notre âme et du monde.

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Dieter Kosslick / Président du festival : "Dans toutes les sections, nous présentons des films montrant les problèmes que le monde a refusé de voir. Nous choisissons des films forts qui parlent de gens faibles. Evidemment, c’est lié à l’évolution de l’opinion publique, à ce que les gens peuvent encore voir, et à celle d’une opinion à contre-courant. Un festival de cinéma est aussi l’expression d’une opinion à contre-courant."

  • Les films
« Paradise Now », en compétition officielle, du cinéaste Hany Abu-Assad. Gros plan sur la Cisjordanie. Said et son ami sont sur le point de commettre un attentat-suicide. Le film ne montre pas la mort, mais son cheminement. Le réalisateur Hany Abu-Assad est au plus près de ses protagonistes et donne un visage au conflit intérieur. « Paradise Now » se concentre sur les dernières heures, sur les moments de silence, au milieu d’un monde dominé par la violence et les représailles.

« Sometimes in April » - Guerres et conflits sont au cœur du festival cette année. « Sometimes in April », de Raoul Peck, également en compétition, en est un autre exemple. Le réalisateur Raoul Peck s’intéresse au Ruanda et à un drame sur lequel le monde a trop longtemps gardé le silence. Il s’agit d’une famille déchirée qui ne se retrouvera plus jamais. Le destin de dizaines de milliers de personnes. Au printemps 1994, c’est l’escalade de la haine raciale. Les milices hutues commencent à massacrer les Tutsis. Raoul Peck dépeint les événements avec une grande précision, oscillant entre perspective actuelle et flash-back: l’incitation absurde à la haine raciale, au meurtre, et le refus vain de la violence. « Sometimes in April » pose la question de savoir comment on peut continuer à vivre après, pour les coupables comme pour les victimes.

« Lost Children » - Continuer à vivre ? Oliver Stoltz et Ali Samadi Ahadi abordent aussi cette question dans leur documentaire sur les enfants soldats en Ouganda. Les expériences des enfants sont inimaginables. Ils ont fui les rebelles qui les enlevaient pour les utiliser comme arme, pour les forcer à tuer. Pajule, un camp de réfugiés, est un des principaux lieux où a été tourné « Lost Children ». Les réalisateurs ont réussi à s’approcher de l’indicible. Le film « Lost Children » ne laisse personne indifférent.

« Voces innocentes », retrace le parcours d’Oscar Torres qui a écrit le scénario. C’est l’histoire de son enfance pendant la guerre. Le Salvador, au début des années quatre-vingts. A onze ans, Chava et sa famille se retrouvent entre les fronts de l’armée et de la guérilla. « Voces innocentes » raconte la lutte des enfants pour leur survie, la force incroyable dont ils font preuve.

Présenté à la section Forum, le film « Amu » de Shonali Bose est aussi un regard sur son enfance. Amu revient des Etats-Unis dans son Inde natale. Elle ne connaît pas les véritables raisons de son adoption parce que sa famille n’en parle pas. On ne lui raconte que des mensonges sur la mort de ses parents biologiques. Elle comprend petit à petit que le lieu de ses origines ne promet rien de bon. A force de persévérance, elle découvre ce qui lui est arrivé dans sa petite enfance. A Delhi, suite à l’attentat contre Indira Ghandi, tout un quartier déshérité des Sikhs est détruit. Le père et le frère meurent. La mère se suicide peu de temps après. En recherchant sa propre identité, Amu découvre le passé douloureux de son pays. La réalisatrice dénonce le silence qui plane autour.

« Lost and Found » traite aussi du conflit entre générations. Ce film réalisé par six cinéastes d’Europe de l’Est est né d’un projet baptisé « relations ». Le réalisateur Stefan Arsenijevic rassemble trois générations dans un tram à Belgrade. « Fabulous Vera » parle du désir de s’évader, même si l’ambiance de la ville n’est pas aux grands départs. L’auteur se tourne résolument vers l’avenir. « Fabulous Vera » est un des six courts métrages de « Lost and Found », dans lesquels la jeune génération interroge l’ancienne génération, et vice-versa.

Le festival de Berlin est un lieu qui invite à se montrer et à faire la fête, mais aussi à affronter ce que nous ne voulons pas voir.
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  • La 55ème Berlinale
    du 10 au 20 février 2005
    >> Le site officiel du festival Berlinale

  • Notre dossier
    Une équipe d'arte-tv.com est sur place pour vous livrer au jour le jour leurs impressions. Vous trouverez dans notre dossier spécial : les critiques des fims montrés en et hors compétition, les chroniques journalières de Gérard Lefort, des bandes annonces en vidéo...
    >> Le dossier Berlinale



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Metropolis
Samedi 19 février 2005 à 23h50
Rediffusion le 20 février à 18h05
Rédaction: ZDF
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Edité le : 18-02-05
Dernière mise à jour le : 18-02-05