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Actualité Cinéma

Pour ceux qui aiment les macarons… (ou les costumes ou Michelle Pfeiffer)

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Sortie du 14 mars 2007 - 09/05/07

La Cité interdite

Une fresque monolithique et macabre, illuminée par le dandysme de Chow Yun-Fat.

De Zhang Yimou
(2006, Chine, 1h54)
Avec Gong Li, Chow Yun-Fat, Jay Chou…

Synopsis : En Chine, au dixième siècle, au temps de la dynastie Tang, flamboyante et corrompue. Jadis capitaine, l’Empereur (Chow Yun-Fat) s’est hissé vers les sommets lorsqu’il a épousé sa deuxième femme (Gong Li), la fille d’un roi à la tête d’une dynastie établie dans la Chine alors divisée. Sous la coupe du militaire, le pouvoir s’est peu à peu centralisé. De retour à la cité interdite après une longue absence, il découvre un complot ourdi au sein même de ses vastes dépendances. Victime d’un empoisonnement commandité par son propre mari soucieux de faire le vide autour de lui, l’impératrice s’est décidée à jeter ses dernières forces dans un combat censé organiser la perte du despote…

Critique : Pour la troisième fois en quatre ans, Zhang Yimou fait le choix du film de genre historique, pour mieux éprouver un sadisme qu’il ne s’est guère permis à l’occasion de ses nombreuses fables contemporaines. « Pas un de moins » (1999), où une institutrice bataillait pour amener à l’école des enfants de paysans contraints de participer au travail des cultures, et « Happy Times » (2002), soit les mésaventures d’un entrepreneur maladroit dans le Pékin d’aujourd’hui, étaient conditionnées par leur conclusion optimiste, tandis que « Hero » (2003) et « Le Secret des poignards volants » (2004) laissaient jaillir la violence d’un autre âge pour mieux systématiser l’incompatibilité de la noblesse d’âme et des enjeux humains. « La Cité interdite » n’échappe par à cette noirceur, et si l’affiche française promet de relater « le défi d’une femme prête à changer le cours de l’Histoire », le film est bel et bien échafaudé selon une logique opposée, celle inéluctable de la tragédie.

Aucune porte coulissante ni voie de secours, dissimulée dans les appartements impériaux, ne sera utilisée pour dévier de sa marche implacable un cinéaste décidé à brosser à grands coups métalliques de glaives lourds et ancestraux le portrait d’une monarchie pourrissante, serti par une surabondance de dorures qui étouffe chaque protagoniste condamné, dans une cité interdite gagnée par l’atmosphère renfermée d’un sarcophage. L’insistance dans le choix de la violence finit par acquérir son sens par l’effet même de son accumulation, quand le choix de la nuit américaine confère un supplément d’élégance macabre aux effets spéciaux, ce que n’avait pas compris le plus pataud Chen Kaige, au moment d’aborder lui aussi le défi de la fresque onéreuse avec « Wu Ji » (2005). Couple à la ville et à l’écran, Gong Li et Zhang Yimou se sont séparés après « Shanghai Triad » (1995). Il fallait bien s’attendre à ce que les retrouvailles tardives de ces deux personnalités anguleuses possèdent un goût de souffre. Suave comme à son habitude, le grand Chow Yun-Fat vient contraster cette entreprise malsaine par sa délectable présence, alors même que lui revient le rôle le plus négatif.

Julien Welter

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La Cité interdite
De Zhang Yimou
(2006, Chine, 1h54)
Avec Gong Li, Chow Yun-Fat, Jay Chou…
Sortie du 14 mars 2007
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Edité le : 13-03-07
Dernière mise à jour le : 09-05-07