
De Jacques Tourneur
(Etats-Unis, 1951, 81 minutes)
Avec : Jean Peters, Louis Jourdan, Debra Paget, Herbert Marshall
Un DVD Carlotta Films
Synopsis : Enfant trouvée et élevée par le célèbre pirate Barbe Noire, Anne Providence est devenue depuis le capitaine du « Sheba Queen ». Impitoyable, elle est la terreur de la flotte anglaise à qui elle voue une rancoeur particulière depuis la mort de son frère. Mais lorsqu’elle décide de sauver l’un de ses prisonniers, le caractère brutal d’Anne s’estompe…
Critique : "La Flibustière des Antilles"est un grand classique américain, un film de genre comme on les aime, une aventure flamboyante en technicolor de pirates non dénuée de subtilités psychologiques. Jacques Tourneur qui tournait souvent sur commandes des grands studios de cinéma américains, avait cette qualité de garder toujours une très grande vivacité d’esprit même lorsque les thèmes et le contexte des sujets proposés lui étaient totalement étrangers. En l’occurrence « la Flibustière des Antilles » fut sa première immersion dans le domaine de la piraterie et c’est avec une véritable gourmandise qu’il reconstitua pour l’occasion toute la panoplie du genre, soucieux de ses moindres détails et attributs. Tout y est, en effet : les cartes au trésor, Barbe Noire, des combats d’épées, des vaisseaux à l’abordage, les drapeaux tête de mort, etc. Mais outre le plaisir (déjà si rare) d’être transporté dans le mythe, Tourneur manie l'Art du rebondissement scénaristique et des retournements de situations incalculables. Surtout dans cette « Flibustière des Antilles », il greffe une dose savoureuse d’ambiguïté sexuelle par le biais de son pirate principal: une femme ! Inspiré en réalité par deux caractères historiques fameux, Mary Read et Anne Bonny, (des femmes pirates qui sous un déguisement masculin cachaient leurs vraies identités), Tourneur créé ainsi le personnage d’Anne Providence (interprété par Jean Peters), une demoiselle au profil de capitaine intraitable et guerrier, dirigeant d’une main de fer un équipage exclusivement masculin. Ayant refoulé complètement son sexe, la miss est prise au dépourvu en tombant irrésistiblement amoureuse (sans se l’avouer bien sûr !) du séduisant Captain Pierre François LaRochelle (Louis Jourdan). L'œil malin, Tourneur scrute dès lors sa protagoniste chancelant, piteusement entraînée cette fois pour résister aux assauts de ce nouveau combat. Bien loin de tomber dans la carricature, le cinéaste invite la comédienne Jean Peters à donner la pleine mesure d'une expressivité tout en nuances pour un personnage divisé en permanence entre l' idée d'abandon désespéré et la vengeance la plus furieuse. Au travers d’une aventure pleine de panache (à laquelle contribue aussi l’excellent compositeur Franz Waxman) ce très beau portrait de femme donne ainsi toute la dimension de l’artiste qu’était Jacques Tourneur: un cinéaste capable d’équilibres savants et savoureux entre son idée affirmée du grand spectacle et l’expression intime d’une très belle sensibilité.Olivier Bombarda
Les bonus:
- La flibustière de Rachkam (4 min.)
Un petite document présentant le trajet de Mary Read et Anne Bonny, les deux priates femmes qui inspirèrent Jacque Tourneur pour son film
- Variations sur Anne Providence (17 min.)
Une analyse du film "La Flibustière des Antilles" par Pierre Berthomieu
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La Flibustière des Antilles (DVD)
De Jacques Tourneur
(Etats-Unis, 1951, 81 minutes)
Avec : Jean Peters, Louis Jourdan, Debra Paget, Herbert Marshall
Un DVD Carlotta Films






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Une aventure flamboyante de pirates non dénuée de subtilités psychologiques
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