Sortie du 28 décembre 2005 - 11/08/08
La Forêt oubliée
Un plaidoyer caressant et imagé en faveur d’une vie meilleure, au Japon.
De Kohei Oguri
(Japon, 2005, 1h33)
Avec Hiromitsu Tosaka, Tadanobu Asano, Akira Sakata…
Synopsis : Dans une petite ville de la province japonaise, au cœur d’une belle région montagneuse et forestière, une petite communauté se partage entre les rêves des adolescents et la gestion du quotidien par les adultes. Un groupe de lycéennes s’amusent à inventer des récits fantastiques à tiroirs, selon une tradition orale, quand un menuisier décide d’abandonner son travail, après un drame personnel. Ces bribes de vies sont bousculées par un évènement météorologique : une tempête provoque un éboulement, qui exhume une forêt souterraine jadis recouverte par les coulées de lave d’une éruption survenue il y a très longtemps…
Critique : Le cinquième film de Kohei Oguri, auteur rare, méticuleux et concerté, s’avance sur un terrain que l’on pourrait croire très familier : le genre du conte issu de la tradition japonaise, les rêveries de lycéennes en socquettes blanches et la présence d’une nature touffue comme élément culturel autant que topographique… « La Forêt oubliée » n’est pourtant pas un manga issu des studios Ghibli, ni un film pour enfant. C’est une fiction qui entend réfléchir de manière picturale sur l’inconscient et l’onirisme. Sa construction rappelle quelque peu les principes d’écriture automatique chers aux surréalistes, lorsqu’à une idée émise par un premier intervenant, succédait une autre due à un second, sans qu’elles soient liées de manière logique. De façon pacifique, et en invoquant parfois le fantastique et le merveilleux, Kohei Oguri opère une succession intrigante de très belles séquences, dont le bout à bout révèle un plaidoyer en faveur d’une reformulation du réel, autant qu’un re-dimensionnement du quotidien.
Pour le cinéaste, l’idée de transfiguration est foncièrement optimiste, et le surgissement de cette forêt enterrée, au lieu de plonger la communauté dans le chaos et l’inquiétude, incite chacun à réfléchir, pour dépasser ses névroses et retrouver le goût de vivre. Un concept fumeux ? Non, car en travaillant l’espace de manière remarquable, Oguri réoriente les possibilités de cette fable new age vers une sorte de western rêveur, une proposition autrement plus sympathique. Imprévisible et exigeant, « La Forêt oubliée » est un film chaleureux, et il se découvre comme une douce et bienfaitrice méditation.
Julien Welter
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La Forêt oubliée
De Kohei Oguri
(Japon, 2005, 1h33)
Avec Hiromitsu Tosaka, Tadanobu Asano, Akira Sakata...
Sortie du 28 décembre 2005
Edité le : 27-12-05
Dernière mise à jour le : 11-08-08