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Les mercredis de l'histoire Les mercredis de l’histoire proposent une approche critique des événements et épisodes de l’histoire européenne et internationale.

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03/02/06

La Gestapo

Le série « La Gestapo » en trois épisodes – tous les mercredis à partir du 08.02.2006 à 20h40 - nous raconte l'histoire de la Gestapo, de ceux qui y ont oeuvré, de ses crimes, de ses victimes entre 1933 et 1945 et après la seconde guerre mondiale.
Serge Klarsfeld est un des témoins et experts de cette série. L'avocat parisien et sa femme Beate sont connus et réputés grâce à leurs actions menées contre les criminels de guerre tels que Klaus Barbie en Amérique du Sud, Alois Brunner en Syrie et Kurt Lischka en Allemagne.



Mercredi 8 février 2006 à 20h40
Multidiffusion le 11 février à 15h15

La Gestapo (1)
L’arme absolue d’Hitler



La Geheime Staatspolizei, créée par Hermann Goering en 1933, n’est à l’origine qu’une sous-division de la police judiciaire, issue de la police politique mise en place sous la République de Weimar. Après 1933, la Gestapo émerge très vite comme l’instrument de répression privilégié du nouveau régime : dès le 27 février 1933, deux jours après l’incendie du Reichstag, commencent les épurations. Lorsqu’en 1943 la Gestapo passe sous la direction de Himmler et de Heydrich, elle devient la police politique de l’empire SS. Sa participation à l’élimination du chef des SA, Ernst Röhm, confirme son allégeance absolue à Hitler et renforce sa position. Elle est désormais la pièce maîtresse du système policier du Reich…

Professionnels de la répression
Qui sont les hommes de la Gestapo ? Au départ, cette police secrète est composée non pas de nazis mais de policiers professionnels qui ont servi le régime précédent, la République de Weimar. Ils ont été formés dans le cadre d’une démocratie, habitués à respecter le droit et la loi ; beaucoup ont une formation universitaire, sont des gens cultivés et ont le sentiment d’appartenir à une élite. Pas l’élite bourgeoise, qu’ils méprisent, mais celle des “inconditionnels”. Ils se voient bientôt, selon l’image suggérée par Heydrich, comme une administration en lutte, comme des chirurgiens chargés de débarrasser le corps social allemand de tous ceux qui le gangrènent : les opposants politiques (sociaux-démocrates, socialistes, communistes), les “asociaux” (homosexuels, prêtres rebelles) et bien sûr les juifs, que le régime décide assez vite d’exterminer. Outre les arrestations sauvages et la torture, l’une des méthodes préférées de la Gestapo est l’appel à la dénonciation. Les témoins interrogés dans le film décrivent très justement l’atmosphère d’intimidation et de délation qui se met en place dans le pays et qui s’étendra bientôt au-delà de ses frontières.



Mercredi 15 février 2006 à 20h40

Multidiffusion le 18 février à 15h15

La Gestapo (2)
Terreur sans frontière



« Aujourd’hui l’Allemagne nous appartient, et demain le monde entier. » Suivant à la lettre ce chant nazi, la Gestapo étend à partir de 1939 son emprise à toute l’Europe. Aux ennemis du Reich identifiés dès 1933 s’ajoutent de nouvelles catégories : « bolcheviks », espions, résistants. Implantée partout, la police secrète allemande enquête, ra f l e, emprisonne et déporte. Sa réputation d’omnipotence et d’omniscience, relayée par la propagande, se répand sur tout le continent. Un mythe que les nombreux suiveurs, dénonciateurs et autres hommes de main, y compris les collaborateurs français, entretiendront longtemps après la fin de la guerre pour tenter d’échapper à leurs responsabilités…

Au service de la terreur
Comment la Gestapo a-t-elle imposé la terreur au-delà des frontières de l’Allemagne ? Ce deuxième volet revient sur les étapes de l’amplification des pouvoirs de la police secrète des nazis. Alors que, sur le front de l’Est, elle organise des commandos de la mort, une nouvelle unité spéciale est créée sous la responsabilité d’Adolf Eichmann en liaison avec le chef de la Gestapo, Heinrich Müller. Sa mission : organiser l’arrestation et la déportation des juifs. Peu à peu, la Gestapo fait également main basse sur le contre - espionnage, normalement dévolu aux services secrets, et s’enorgueillit de ses succès – notamment du démantèlement du réseau « Orchestre rouge ». Mais, après la défaite de Stalingrad début 1943, les victoires se font rares et la Gestapo subit des revers : l’assassinat du capitaine SS Heydrich en juin 1942, l’attentat (manqué de peu) contre Hitler en juillet 1944. Des échecs qui n’entament pourtant pas sa réputation auprès du Führer et des dignitaires nazis. Au contraire : la Gestapo a désormais carte blanche. Et les Allemands, victimes des exactions commises par des groupes de policiers incontrôlés, en subissent de plein fouet les conséquences.



Mercredi 22 février 2006 à 20h40
Multidiffusion le 25 février à 15h15

La Gestapo (3)
Fonctionnaires et tortionnaires



Fin 1944, la Gestapo a recentré ses actions sur l’Allemagne. En 1945, dans l’ambiance d’apocalypse qui marque les derniers mois du Reich, la machine à semer la terreur échappe à tout contrôle. Plus la fin approche, plus il est risqué, que l’on soit militaire ou civil, d’exprimer le moindre doute sur la « victoire finale ». Le simple bon sens passe pour du défaitisme. Et la Gestapo pour qui, désormais, chacun est un coupable potentiel, frappe à coups redoublés. Cela n’empêche pas la plupart de ses hommes, des hauts dirigeants aux simples fonctionnaires, de se préparer à l’après-guerre. Ils effacent les traces de leurs agissements, détruisent les preuves de leurs exactions. Après 1945, il ne reste qu’une infime partie des milliers de dossiers constitués par la police secrète. Les hommes de la Gestapo changent d’identité ou prennent la fuite, grâce à des réseaux d’entraide qui leur permettent de gagner des pays sûrs, pour la plupart en Amérique latine. Ceux qui n’ont pas quitté l’Allemagne font valoir, quelques années après la fin de la guerre, leur statut de fonctionnaire. Ils sont réintégrés, souvent à des postes de commandement. Chez les Alliés, après quelques procès difficiles à instruire et quelques exécutions, le pragmatisme l’emporte. Bon nombre d’anciens de la Gestapo trouvent à s’employer dans les services secrets de divers pays. Au grand dam des « chasseurs de nazis », comme Simon Wiesenthal, et de tous ceux qui n’acceptent pas que ces criminels échappent aux poursuites.


La Gestapo
Série documentaire de Wolfgang Schoen et Holger Hillesheim
Allemagne, 2004, 45mn
ARTE/SWR

Edité le : 03-02-06
Dernière mise à jour le : 03-02-06


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