Record d'audience sur ARTE vendredi dernier : merci aux 2 245 000 téléspectateurs qui ont suivi cette diffusion.
Synopsis : Madame Bergerac (Isabelle Adjani) enseigne dans un lycée où les tensions sont nombreuses. La peur et l’immobilisme concourent à leur exacerbation au lieu de les résorber. Lorsqu’elle se retrouve fortuitement en possession d’une arme à feu, la ligne rouge est franchie. Cloîtrée dans une salle de l’établissement, la pédagogue se lance dans un dialogue à bâtons rompus avec ses élèves pris en otage. Tout y passe : la religion, l’intolérance, l’hypocrisie… Au dehors, le GIGN se prépare à l’assaut.
Critique : Tournée pour la télévision, cette fiction pourrait se résumer à la difficulté de réfléchir à une situation critique lorsqu’on se trouve justement en terrain miné : une prise d’otages, ponctuée par les cris et les heurts. Certains peuvent déployer des trésors d’ingéniosité dès lors qu’ils sont sous pression, comme dans la série « 24 h». Mais « 24 h », c’est l’Amérique et tout reste possible. « La journée de la jupe » sera plutôt et inévitablement comparée à « Entre les murs » de Laurent Cantet, même si le prof est ici une femme, ce qui modifie considérablement la donne. Le cinéaste lauréat de la Palme d’or tenait pour sa part à garder ses distances au moment de filmer, laissant son comédien et professeur en disponibilité François Bégaudeau monter au créneau et disputer une joute verbale serrée avec les comédiens et élèves. Jean-Paul Lilienfield procède inversement. Il refuse toute pondération et projette au sein d’un tourbillon l’état de l’éducation nationale, la déception de ceux qui ont cru en l’intégration en France, le racisme, le machisme, les tournantes dans les caves, la proximité des armes à feu, les caïds, l’oppression, le dialogue de sourds et l’instrumentalisation des faits.

De Jean-Paul Lilienfield
(2009, France, 1h28)
Avec Isabelle Adjani, Denis Podalydès, Jackie Berroyer…
Une Coproduction Arte France
Panorama Berlinale







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