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Hors des âges et pourtant élégamment contemporain, le lycée redevient sous l’œil de Christophe Honoré le lieu de la parade mélancolique. Interview exclusive

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Actualité DVD - 24/03/09

La Possibilité d’une île

Un film de Michel Houellebecq


Des zones commerciales de Wallonie aux roches de Lanzarote, un nouvel essai de science-fiction par Michel Houellebecq.

  • Houellebecq, Michel
  • La Possibilité d’une île
  • ARTE Culture du 13 août 2008

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Sélection Play Forward - Locarno 2008

Synopsis : Daniel 25 (Benoît Magimel), le vingt-cinquième clone du premier Daniel qui vécut au début du vingt-et-unième siècle, est reclus dans une cellule souterraine préservée de toute contamination. Les images satellite qu’il reçoit sur les écrans d’ordinateur lui transmettent le panorama d’une terre désertée. Comme ses prédécesseurs, il se consacre à la rédaction d’un commentaire sur les évènements qui ont conduit Daniel 1 à prendre la tête d’une secte, après s’en être détournée. Elle deviendra le fondement d’un nouveau culte et d’une espèce qui survivra aux hommes durant les trois siècles qui séparent la destinée de Daniel 1 et celle de Daniel 25.

Critique : A moins de consentir à être le cobaye d’une expérience (ce n’est pas la pire des situations proposées à un spectateur), avoir lu « La possibilité d’une île » avant d’en découvrir l’adaptation pour l’écran est appréciable. Michel Houellebecq a pour ainsi dire remixé son ouvrage et assumé le risque de laisser sur le carreau bon nombre des curieux qui iront à la découverte de ce film de science-fiction. Pourquoi se refuser pareille gageure ? Ecarté par la plupart des maisons d’édition, son premier roman, « Extension du domaine de la lutte » (1994) a finalement été publié par Maurice Nadeau avec le succès que l’on sait. Quatre ans plus tard, « Les Particules élémentaires » paraît pour être traduit en vingt-cinq langues et permettre à son auteur, selon ses mots, de ne plus avoir à travailler jusqu’à la fin de ses jours s’il lui en prend l’envie. Même l’album « Présence humaine » (2000), soit la mise en musique signée Bertrand Burgalat des textes de Michel Houellebecq chantés de manière aphasique par leur auteur a finalement dépassé le stade de la coquetterie discographique pour se ranger parmi les œuvres incessamment redécouvertes de la pop française.

La Possibilité d’une île
De Michel Houellebecq
(2008, France, 1h35)
Avec Benoît Magimel, Patrick Bauchau, Ramata Koite…
Une Coproduction Arte
Un DVD BAC Vidéo
Puisque le succès a toujours fait taire les détracteurs et les perplexes (ici, leur nombre sera multiplié), on comprend que l’écrivain devenu réalisateur ait voulu imposé sa vision au détriment d’une approche plus reconnaissable ou validée en terme de narration cinématographique. N’oublions pas que la poésie occupe une part considérable dans sa bibliographie.

Contemplatif et arbitraire comme peuvent l’être les récits d’anticipation, « La possibilité d’une île » dans sa version en cinémascope et avec Benoît Magimel mise sur une succession de plans composés qui jouent régulièrement sur la profondeur de champ. Le point de vue du cinéaste demeure cependant un mystère. Comme il en est advenu de la carrière d’écrivain de ce dernier, il est impossible de comprendre comment le père de Daniel 1 (Patrick Bauchau, toujours un peu suave), un bateleur pathétique qui s’époumone devant quelques improductifs pour le moins sourds à ses thèses progressistes, ces promesses de la venue du messie, de l’homme nouveau et meilleur, se retrouve trois ans plus tard à la tête d’une secte organisée qui dispose de moyens considérables. Il suffit d’y croire, c’est la sempiternelle détermination qui s’avère payante (la crédulité finit d’ailleurs par honorer l’écrivain, trop régulièrement décrit comme un dépressif chronique).

Daniel 1 y adhère à son tour et revient dans le giron paternel : un récit de filiation pour un film sans ascendance, lorsque les éventuelles références au genre de la science-fiction sont coupées à la racine au même titre que la progression dramatique, elliptique, en creux ou bancale selon les dispositions de chacun ! Le lyrisme et l’ironie n’ont jamais cessé de résumer le style de Michel Houellebecq, écrivain futuriste à tête de gargouille médiévale. S’y ajoutent pour ce film l’incongruité, les teintes gazeuses et les effets spéciaux antidatés, la majesté kitsch et les intrigantes erreurs capillaires, l’architecture de Rem Koolhaas et Arielle Dombasle pour une participation (l’actrice parmi les plus physiquement mutantes et conceptuelles est à sa place dans cet univers)… Comme Daniel 25 flanqué de son chien, Houelllebecq arpente son propre territoire. Entre qui veut, il n’y fait pas froid.

Julien Welter


Edité le : 24-03-09
Dernière mise à jour le : 24-03-09