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Présidence suédoise de l'UE - 06/07/09

La Suède, terre d’asile ?

(Stockholm, ARTE Info, 03.05.2009) L'immigration clandestine sera une des priorités de la présidence suédoise de l'Union européenne.

  • La Suède, terre d’asile ?
  • Pas d'accès aux soins pour les clandestins en Suède - entretien avec Anne Sjögron

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La Suède a traditionnellement la réputation d'être un pays d'accueil, le pays dispose d’une des politiques d’asile les plus favorables en Europe. Stockholm voudrait faire adopter un système d’asile commun à l’occasion de sa présidence et s’oppose à la tendance actuelle qui consiste à fermer hermétiquement les frontières de l’Union.
 
Des principes à nuancer. La Suède a mis en garde ses partenaires européens : « Si la Suède doit endosser une part disproportionnée de la prise en charge de réfugiés dans le monde, la durabilité de notre système d’asile pourrait être remise en question. »
 
En réalité, le système a déjà changé. Le nombre de demandeurs d’asile en Suède a fortement chuté l’année dernière. Le pays a enregistré 33% de demandes en moins essentiellement en raison du durcissement de la politique d’immigration menée par le gouvernement conservateur. Le nombre d’expulsions a augmenté, les demandeurs d’asile doivent désormais prouver qu’ils seront personnellement menacés s’ils retournent dans leur pays. Enfin la Suède a décidé d’autoriser le renvoi de ressortissants en Irak, en Somalie ou en Afghanistan.
 
Une sévérité justifiée selon le gouvernement par l’affluence des demandeurs d’asile. L’année dernière pour la première fois, le nombre d’immigrants en Suède a passé la barre des 100 000 personnes. Les Irakiens sont devenus la deuxième communauté étrangère dans le pays. Une situation ingérable pour Tobias Billstroem, ministre suédois des migrations, qui estime que la politique d’intégration a échoué.
 
L’asile puis la clandestinité
Le résultat de cette politique est une augmentation du nombre de clandestins dans le pays. Ils sont environ 15 000 dans le pays, privés de tout. Un exemple, l’accès aux soins. Dans la majeure partie des hôpitaux suédois, les soins pour les clandestins sont payants, autant dire inaccessibles. Soins payants ou pas, en l’absence d’une loi, ce sont les régions qui décident. Seuls 9 conseils régionaux sur 21 ont choisi de soigner les sans-papiers gratuitement.
 
Ce sont donc les associations caritatives qui prennent le relais en mettant sur pied des cliniques improvisées. C’est le cas de l’association Rosengrenska qui officie dans la banlieue de Göteborg. Chaque semaine, médecins, infirmières et psychologues administrent des soins d’urgence aux clandestins. Une situation inadmissible pour les bénévoles qui accusent le gouvernement de bloquer délibérément l’accès aux soins pour les sans-papiers.

L’asile suédois n’est donc plus ce qu’il était. Reste à savoir comment la Suède va concilier sa nouvelle politique d’immigration avec le souhait formulé récemment par Jacques Barrot, commissaire européen en charge de ces questions : « L’Union a vocation à ouvrir ses bras aux persécutés. » Elle doit être pour eux « un espace de protection unique au monde ». Réponse dans les six prochains mois.

Edité le : 30-06-09
Dernière mise à jour le : 06-07-09


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