Sur neuf millions d'habitants, près de 12 % sont d’origine étrangère, et environ une personne sur cinq a au moins un de ses parents né dans un autre pays. Au sein de l’Union européenne (UE), c’est l’État qui accueille le plus grand nombre d’immigrés par rapport à sa population.Or, il y a un peu plus d’un siècle, la Suède était une terre d’émigration. De la fin du XIXe siècle aux années 30, environ un million et demi de Suédois - le quart de la population - ont émigré pour la plupart vers l’Amérique du Nord. Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale, quand le pays a eu besoin de main-d’œuvre, qu’il est devenu un pays d’immigration. Si les immigrés de la zone nordique ont toujours constitué un groupe important, au cours des vingt dernières années, les réfugiés politiques en provenance d’Iran, d’Irak et de Palestine, ont constitué le plus gros du flux migratoire. Et des centaines de milliers de réfugiés d’ex-Yougoslavie et de Somalie ont afflué au moment où les frontières ont largement été ouvertes, dans les années 90.
L’immigration en Europe est un sujet brûlant et la Suède, aujourd’hui, n’y échappe pas. L’intégration pose des problèmes de plus en plus lourds et le gouvernement suédois a lancé plusieurs programmes pour y apporter des réponses. Mais ces dispositifs restent néanmoins insuffisants pour ce qui est notamment de l’accès au marché de travail. Il y a donc un certain paradoxe en Suède entre la rhétorique politique qui évoque le pluralisme culturel et la réalité sociale.
Est-ce que cette politique d’immigration favorise une montée de l’extrême droite en Suède ? Lors des élections législatives en septembre, remportées par le centre droit, le petit parti nationaliste d’extrême droite (Sverigedemokraterna) a obtenu des scores importants - presque 3 % des voix au niveau national - et même s’il n’a toujours pas réussi à dépasser la barre des 4 % nécessaires pour siéger au Parlement (Riksdag), il a quand même réussi à multiplier par cinq le nombre d’élus au niveau local et régional.
Il semble donc que les Suédois, qui s’étaient toujours bien accommodés de leurs immigrés, commencent à se montrer en désaccord avec la politique actuelle d’immigration. Même si cela reste à nuancer, car les études montrent que ce n’est pas la seule explication à la montée de l’extrême droite, qui après tout reste assez modeste. De plus, un nombre non négligeable de Suédois reconnaissent les avantages de la diversité des cultures.
Ilmar Reepalu, le maire de Malmö, la troisième grande ville de Suède, qui compte environ 34 % d'immigrés, a d’ailleurs souligné le côté positif de l'immigration : « Alors que la population vieillissante pèse de plus en plus sur la Suède, notre ville a une population jeune qui est en elle-même un investissement pour un avenir prospère ».
POUR ALLER PLUS LOIN
Le site de l’Office national suédois des migrations (Migrationsverket). En suédois et en anglais.
Le site de l’Office national suédois de l’intégration (Integrationsverket). En suédois et en anglais.
Une interview exclusive accordée par le maire de Malmö , Ilmar Reepalu, à EurActiv.






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