Jeudi 29 septembre 2004 à 14h45 - 05/09/05
La « Dalgård Skole » de Trondheim, Norvège
Mon école et moi (5)
Dans les années 1970, la Norvège avait voté une loi ordonnant la fermeture des écoles spécialisées pour enfants handicapés mentaux et moteurs, estimant que tous les enfants d’âge scolaire avaient le droit d’être scolarisés dans un établissement proche de leur domicile – et non dans des institutions spécialisées à l’autre bout du pays. Depuis, la Norvège est le seul pays (avec l’Italie) où près de 100 % des enfants handicapés fréquentent des écoles intégratives (France : 8 %, Allemagne : < 5 %)
Le credo de Torunn Hergum, directrice de la Dalgård Skole de Trondheim : « il est normal d’être anormal ». L’architecture de l’établissement indique clairement la couleur : les locaux sont clairs, les salles de classe ont des murs transparents et s’ouvrent sur le Lobby, un espace commun à tous les élèves, quels que soient leur niveau et leur groupe d’apprentissage. On y trouve des jeux, un coin repos, des tables pour travailler et des ordinateurs. Les élèves se déplacent à leur guise, passant même d’une classe à l’autre.
A première vue, difficile de distinguer les petits handicapés. Dans le jardin, un garçon qui souffre de graves troubles d’attention travaille avec ses camarades. Deux filles trisomiques rapprochent leur tête quand l’enseignante raconte une histoire. Un jeune handicapé mental chante à corps perdu et d’une voix claire une comptine, sans se tromper d’un iota dans les paroles. Même Odd-Inge, dans son fauteuil roulant, a l’air parfaitement normal derrière son ordinateur, malgré une parésie cérébrale.
Trente années de recul ont aussi montré que l’enseignement identique pour tous n’est pas la panacée. D’où la décision prise il y a quelques années à la Dalgård Skole de rassembler une cinquantaine d’élèves dans des classes spéciales, réservées aux handicapés. Certains élèves y sont à plein temps. D’autres, comme Sarah, 13 ans, n’y passe que deux ou trois jours par semaine, le reste du temps, elle est scolarisée dans son village. « Il n’y a pas de recette, nous cherchons une solution la mieux adaptée à chaque enfant » explique la directrice.
Le documentaire montre le quotidien dans une école intégrative en Norvège. A partir de l’exemple d’enfants comme Odd-Inge et Sarah, il met le doigt sur les avantages du choix norvégien, et aussi sur les inconvénients : dans l’école de son village, Sarah se sent beaucoup trop « marginale » à son goût, elle attend avec impatience ses deux journées hebdomadaires dans la classe spéciale de Dalgård Skole.
Un documentaire de Stefan Pannen
ARTE/ZDF, Norvège/Allemagne, 2004
Multidiffusion le 2 octobre 2005 à 8h00
Edité le : 01-09-04
Dernière mise à jour le : 05-09-05