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Le musée du quai Branly à Paris - 01/06/06

La genèse d’un musée à vocation internationale

Au XXe siècle, les oeuvres et patrimoines non occidentaux ont acquis une visibilité croissante dans le paysage culturel français. Objets de curiosité, dans les prémices, ils ont suscité, par la suite, un véritable engouement esthétique, porté par des artistes européens majeurs, fauves et cubistes, comme par des hommes de lettres – Apollinaire ou Malraux ; dans le même temps, les enjeux scientifiques liés à l’étude de ces civilisations se sont faits de plus en plus évidents, alors que se structurait l’anthropologie moderne sous l’impulsion de grands chercheurs comme Marcel Mauss et Claude Lévi-Strauss. Au long de ce siècle tragiquement mouvementé, les collections d’objets issus de ces cultures se sont enrichies et diversifiées, tandis que les connaissances à leur sujet n’ont cessé de s’approfondir. Un vaste patrimoine, dispersé entre de nombreux lieux et institutions.

Dès son élection à la Présidence de la République en 1995, Jacques Chirac a souhaité la mise en place d’une commission sur la place des arts premiers dans les institutions muséales françaises et en a confié la présidence à Jacques Friedmann. C’est en 1996, à la suite des travaux de cette commission, que fut décidée la création, à Paris, d’un grand musée des Arts et Civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques. Regroupant les collections du musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie et celles du laboratoire d’ethnologie du musée de l’Homme, soit près de 300 000 objets, ce nouveau musée, conçu comme une cité culturelle à part entière, a deux fonctions : conserver et valoriser ses collections et favoriser la recherche et l’enseignement sur ces oeuvres et les sociétés dont elles proviennent. La décision de créer le musée du quai Branly a donc été, tout entière, inspirée par la volonté d’offrir le témoignage de la diversité et de la pluralité de l’art, et de promouvoir un nouveau regard sur ces cultures et civilisations en privilégiant respect et partage.

Une double tutelle
L’annonce officielle en fut faite lors du conseil des ministres du 29 juillet 1998, suivie en décembre par la naissance de l’Etablissement public du musée du quai Branly, placé sous la double tutelle du ministère de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, d’une part, et du ministère de la Culture et de la Communication, d’autre part et par la nomination de son Président-directeur général, Stéphane Martin.

Le pavillion des Sessions au Louvre
Cette volonté de donner aux arts non occidentaux leur juste place au sein du patrimoine artistique universel, geste à la fois historique et symbolique, a trouvé sa première expression dans l’ouverture, en 2000, des salles du pavillon des Sessions au Louvre.La muséographie et la scénographie de ce nouvel espace ont été confiées à Jacques Kerchache, l’un des inspirateurs clés du projet du musée du quai Branly, et à l’architecte, Jean-Michel Wilmotte. Présentant une centaine de chefs-d’oeuvre des arts d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques, le pavillon des Sessions conserve son statut d’ambassade après l’ouverture du musée du quai Branly.

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© musée du quai Branly

Edité le : 01-06-06
Dernière mise à jour le : 01-06-06