Voir la galerie photosL'équipe d'Actu Ciné a rencontré le réalisateur de "Là-haut", Pete Docter, ainsi que son producteur Jonas Rivera, à l'occasion de la projection du film en avant-première à Cannes : Synopsis : Carl, un vieux monsieur un peu bougon, a vendu des ballons toute sa vie. Aujourd’hui, il risque de perdre la petite maison qu’il a autrefois bâtie avec sa femme. Imaginatif et peu décidé à se laisser faire, il attache des milliers de ballons à sa maison qui s’envole. Enfin Carl va vivre la vie d’aventures dont il a toujours rêvé. Seul imprévu, Russell, un jeune passager caché sur son balcon va l’accompagner dans son périple. Carl et Russell volent vers mille péripéties et découvrent un monde perdu en Amérique du Sud. Il est temps pour eux de découvrir le vaste monde et ce qu’ils sont vraiment…

Là-haut
Un film d’animation de Pete Docter et Bob Peterson
Studios Disney - Pixar
Film d’Ouverture du Festival de Cannes – Hors Compétition

Critique : « Là-haut » part d’une belle idée, simple, poétique : une maison s’envole, accrochée à des ballons de baudruche. Comme un Sésame lié à des rêves d’enfance, cet envol magique se retrouve à travers l’histoire du cinéma d’animation, de « Dumbo l’éléphant volant » (1941) à « Peter Pan » (1953) sans oublier les sublimes contes aériens d’Hayao Miyazaki (Porco Rosso, Le Château dans le ciel etc.). Mais c’est autour du couple que l’histoire va se construire : tout d’abord avec la romance touchante entre Carl et Elly sa femme, puis avec l’amitié improbable entre Carl, en vieux monsieur ronchon, et Russell, un petit garçon rondouillet, maladroit et naïf. L’ours et le scout en somme. Il faut dire que l’éternel « couple mal assorti » constitue un des plus efficaces ressorts de comédie au monde : voir par exemple le taiseux et le chieur (L’Emmerdeur, La Chèvre…), le scientifique et la folle (L’impossible Monsieur Bébé) ou encore le journaliste et l’héritière (New York Miami). Et cela fonctionne magnifiquement ici. Il faut dire que le script a été concocté aux petits oignons par la fine fleur des scénaristes de Pixar (Ronnie del Carmen et surtout Bob Peterson, aussi coréalisateur du film, déjà oscarisé pour « Nemo » et voix du chien Dug entre autres !) avec un timing incroyablement précis, des caractères bien peaufinés, des répliques qui font mouche, une animation virtuose… Car malgré le rachat en 2006 de Pixar par Disney, ce film est bel et bien un pur produit Pixar, dans la lignée des meilleurs films de ce studio (Toy Story, 1001 Pattes, Le Monde de Nemo, Les Indestructibles, Wall-E ou Ratatouille). La 3D, avec une profondeur de champ amplifiée dans les scènes d’action et courtes dans les plans plus intimes, s’intègre à la mise en scène, spectaculaire mais jamais tape-à-l’œil. En penchant vers l’univers BD, le graphisme, rond et doux, stylise les personnages, mais en leur gardant leur humanité grâce à un soin incroyable accordé aux détails touchant les expressions, les attitudes, les petits gestes. Par exemple, Carl emprunte ses traits taillés à la serpe (et ses lunettes !) au Spencer Tracy de « Devine qui vient dîner ce soir ? » de Stanley Kramer et son côté bougon à Walter Matthau. La cerise sur le gâteau ? Dug et Kevin, respectivement un chien-chien qui parle, sensible aux écureuils, et un oiseau de paradis géant accro au chocolat, les deux « mascottes » du film, qui font piquer quelques fous rires pas piqués des hannetons. Sans oublier ce qui fait la force du film, son coeur et son ciment : cette nostalgie indicible du temps qui passe, d’un amour qui s’en va, d’une vie qui se déroule vers sa fin. Une drôle de tendre mélancolie, celle de « La vie est belle » de Capra, qui, parfois, traverse d’ombres sépia cette comédie lumineuse.
Delphine Valloire Bande annonce