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Actualité Cinéma

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06/08/03

La maison de fous

Sortie du 6 août 2003

La maison de fous
(House of Fools / Dom Durakov)

De Andrei Konchalovsky
(Russie - France, 2002, 1h44)
Avec Julia Vysotsky, Eugeni Mironov, Sultan Islamov
VENEZIA 59. : Grand Prix du Jury



Entretien avec
Andrei Konchalovsky à la suite de la critique


Synopsis : La région d'Ingushetia en Russie est située en bordure de la frontière tchétchène. Elle abrite notamment un institut psychiatrique qui va se retrouver pris entre deux feux lors du premier conflit entre les indépendantistes tchétchènes et les troupes militaires russes en 1996. Mais cette intrusion armée est loin d'être sans conséquence dans l'existence des patients et va déclencher aussi bien des velléités amoureuses que contestataires.

Critique : Andrei Konchalovsky semble revenu de ses débuts dans l'URSS de Brejnev, d'un exil aux USA dans les années 80 et d'un retour dans la Russie de Boris Eltsine marqué notamment par " Rabia ma poule " en 1994, suite à son chef-d'œuvre " Le Bonheur d'Asia " réalisé dans les années 60. Il semblait néanmoins avoir abandonné le cinéma pour l'opéra ou la télévision. Le voir revenir aujourd'hui avec " La maison de fous (Dom Durakov) " à son premier métier à l'aide d'une équipe légère et d'un sujet un rien subversif (les conflits militaires de la Russie avec ses états satellites) n'a heureusement rien du come-back laborieux. En faisant s'entrechoquer la vie haute en couleurs d'un hôpital psychiatrique avec des fusillades militaires filmées sous un angle absurde, gage d'une excentricité très slave, Konchalovsky ne délivre pas pour autant de message pesant. Il ne s'agit pas de confronter ici de la façon la plus convenue la singularité des malades mentaux comme une métaphore de la spécificité de l'artiste opposé à la barbarie et l'inutilité guerrière. C'est plutôt l'occasion de revenir à un cinéma tonique et vif, grâce à ces deux éléments très " secoués " que sont d'une part le monde particulier du malade mental et d'autre part l'aspect très " western spaghetti " des troupes tchétchènes barbues et dépareillées. Sur un mode anarchique et intuitif, Konchalovsky se montre plutôt inspiré, par des fulgurances telles que l'écrasement silencieux et inopiné d'un hélicoptère russe au beau milieu de la cour de l'hôpital ou les apparitions très " huitième degré comique " de la star de variété Bryan Adams, bellâtre idolâtré par l'une des patientes. Ce pourrait être un premier film, de part son agilité et son absence de complexe thématique et narratif. " La maison de fous " s'apparente finalement au retour pertinent d'un cinéaste russe resté trop longtemps en retrait.

Julien Welter

Entretien avec Andrei Konchalovsky
Interview: Olivier Bombarda
Image: Boris Bouscayrol


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Edité le : 20-04-04
Dernière mise à jour le : 06-08-03