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Lorsqu'il réalise La mariée était en noir, François Truffaut sort du demi-échec commercial de Farenheit 451 et travaille à son fameux livre d'entretiens avec Alfred Hitchcock. Ce film policier au casting de première classe se présente donc à l'auteur des 400 coups comme une manière possible de retrouver le succès, tout en lui donnant l'occasion de rendre hommage à l'un de ses réalisateurs favoris. De fait, aucun film du cinéaste n'a été aussi ouvertement influencé par l'oeuvre d'Hitchcock, aussi bien dans l'atmosphère que dans la direction artistique, jusqu'à la musique signée Bernard Herrmann, compositeur attitré du maître. Le film rencontra le succès, ce qui permit à Truffaut de se lancer dans la saga Doinel. Dans La mariée était en noir, plus que les meurtres successifs des assassins du mari, c'est la relation de Julie avec le dernier d'entre eux, Fergus, qui semble avoir vraiment inspiré Truffaut. En plaçant le dénouement de l'histoire au milieu du film, il peut se consacrer entièrement, dans la seconde partie, à l'étude de cette relation avec un personnage masculin beaucoup plus proche de lui, jusqu'à une fin aussi brillante que surprenante. Les liens que tissent l'amour et la mort ont toujours intéressé Truffaut, qui livre ici sa vision personnelle de la femme fatale, entourée d'hommes lâches et immatures. On n'oubliera pas Jeanne Moreau, fantomatique et vénéneuse, dans le rôle d'une mariée qui n'est pas sans évoquer l'héroïne vengeresse de Kill Bill de Quentin Tarantino.
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