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08/11/06

La médecine tropicale

La plupart du temps, le mot "vacances" est associé au soleil, à la plage et à la mer. Mais si on ne veut pas gâcher son séjour, il faut faire attention à son alimentation. Certaines bactéries et autres virus sont à l’origine de symptômes gênants : les diarrhées, par exemple, font partie des maladies les plus fréquentes lorsqu’on voyage dans les régions chaudes.

L’eau du robinet peut être un véritable nid à bactéries. Dans de nombreux pays, l’eau des hôtels n’est pas potable. Méfiez-vous aussi des glaçons que vous mettez dans votre verre ! Parfois les aliments sont mal réfrigérés ce qui favorise le développement des bactéries. Sous les tropiques, vérifiez que les légumes ont été épluchés ou bouillis sinon évitez d’en manger ! Le risque zéro n’existe pas mais pas de panique… la fameuse tourista est rarement dangereuse. La diarrhée est considérée comme dangereuse lorsqu’on constate la présence de sang dans les selles ou qu’elle s’accompagne de fortes fièvres. Il faut alors consulter rapidement. Il est donc recommandé d’emporter avec soi des antibiotiques lorsqu’on prévoit de traverser des régions où il est difficile de joindre un médecin.

La paludisme - la maladie tropicale la plus répandu
De nombreuses régions de la planète recèlent de dangers que l’on ne voit pas forcément au premier abord. Le paludisme est la maladie tropicale la plus répandue à travers le monde. Sur 300 millions de personnes atteintes chaque année, 2 millions en meurent. Le risque de contracter le paludisme est particulièrement élevé dans les pays bénéficiant d’un climat tropical humide. La carte de répartition du paludisme établie par l’OMS classe les pays en trois catégories : pays sans danger, pays où le risque est modéré et pays où le risque est élevé. Les recommandations en matière de protection varient selon la catégorie.

Le paludisme se transmet par la piqûre de la femelle d’un moustique appelé anophèle. Le parasite plasmodium se développe à l’intérieur du moustique, jusqu’à atteindre le stade infectant. Le moustique injecte le parasite dans le sang de sa victime en la piquant. Le plasmodium pénètre alors dans nos globules rouges afin de s’y répliquer. Une fois les parasites arrivés à maturité, les globules rouges éclatent, libérant ainsi une multitude de nouveaux parasites. Cela se traduit par une forte fièvre soudaine, principal symptôme du paludisme. Les plasmodium ainsi libérés s’attaquent à de nouveaux globules rouges et le cycle recommence. En plus de la fièvre, de nombreux malades se plaignent également de maux de tête et de douleurs dans les membres.
Il existe différentes formes de paludisme, de gravité variable. La forme la plus dangereuse est la fièvre tierce maligne provoquée par le plasmodium falciparum. Elle est dangereuse car elle peut entraîner une mort rapide. Il existe aussi une forme relativement courante appelée fièvre quarte bénigne. Elle est moins dangereuse, mais elle possède toutefois un inconvénient de taille. Lorsqu’on ne suit pas de traitement approprié, les risques de rechute sont très élevés, même après de nombreuses années.

Un test rapide est réalisé afin de confirmer ou non la présence du parasite. L’examen au microscope permet de détecter les plasmodium présents dans les globules rouges. Le traitement dépend de la gravité de l’infection. Les patients atteints de fièvre tierce maligne – la forme la plus dangereuse – doivent être hospitalisés en unité de soins intensifs. On leur administre des médicaments pour tuer les parasites. On cherche également à faire tomber leur fièvre et à traiter les complications éventuelles au niveau des organes. Il n’existe, à ce jour, aucun vaccin contre le paludisme. Mais on dispose, néanmoins, de médicaments préventifs à prendre avant le départ et pendant toute la durée du séjour. Le choix va dépendre du niveau de tolérance du patient, d’éventuelles maladies préexistantes, mais aussi de la situation de résistance du plasmodium dans le pays visité et des médicaments disponibles.

La prévention du paludisme passe, non seulement par la prise de médicaments, mais aussi par la protection contre les piqûres de moustiques. Dès l’aube, il est recommandé de porter un pantalon et un t-shirt à manches longues ou bien une veste légère. Il existe également des produits anti-moustiques. La nuit, une moustiquaire à mailles très fines suffit à tenir les moustiques à distance.

Les maladies comme le paludisme relèvent de la compétence des médecins spécialistes des maladies tropicales. Les services spécialisés dans ces maladies organisent des consultations afin d’informer les voyageurs avant leur départ. Ils accueillent également les patients qui présentent des troubles après un séjour à l’étranger. Les patients hospitalisés souffrent principalement de paludisme alors qu’en consultation externe sont traités avant tout des cas de fortes fièvres, de diarrhées ou encore d’éruptions cutanées suite à un séjour sous les tropiques.


La bilharziose
Il existe d’autres maladies tropicales moins connues mais tout aussi dangereuses que le paludisme. La bilharziose est une infection provoquée par des vers parasites dont l’escargot d’eau douce est le principal vecteur. Les parasites se développent principalement dans les eaux stagnantes, mais les cascades présentent également un risque.
La bilharziose est due à un parasite appelé schistosome. Ses larves infectent des escargots d’eau douce à l’intérieur desquels elles se multiplient. Au bout de 4 à 6 semaines, les escargots libèrent des centaines de vers qui vont pénétrer à l’intérieur du corps humain. Les premiers symptômes de la maladie se traduisent par des éruptions cutanées et des démangeaisons qui disparaissent presque instantanément. Mais l’infection continue à évoluer de manière insidieuse et finit par s’attaquer aux organes internes, notamment au système urogénital, aux intestins ou au système nerveux. C’est pourquoi il est recommandé d’éviter tout contact avec de l’eau douce lorsqu’on voyage dans les régions tropicales. Pensez à porter des bottes en caoutchouc si vous devez marcher dans l’eau.

La présence de parasites dans les selles ou les urines vient confirmer le diagnostic de la bilharziose. Il est également possible de rechercher la présence d’anticorps anti-schistosome dans le sang du patient. Les experts recommandent à toutes les personnes ayant été en contact, au cours des 3 derniers mois, avec de l’eau suspecte de se rendre dans un institut des maladies tropicales.

Il existe une multitude de maladies infectieuses exotiques. Certains font constamment la une des journaux, comme la fièvre Ebola ou la fièvre de Lassa, mais le risque, pour les voyageurs, de contracter des maladies virales rares est extrêmement faible. Le danger concerne avant tout le personnel médical présent sur place. Les différents Instituts des maladies tropicales se préparent néanmoins à faire face à de telles situations. Ils disposent de lits d’isolement prêts à accueillir les malades.

Recommandations vaccinales
Nous disposons de moyens de protection contre de nombreuses maladies infectieuses courantes. Il existe, notamment, des vaccins contre le tétanos, la diphtérie ou la polio, à renouveler régulièrement. Lorsqu’on doit voyager dans certains pays, il est également recommandé de se faire vacciner contre le typhus, l’hépatite A ou encore le choléra. Les personnes qui prévoient leurs vacances longtemps à l’avance peuvent s’informer auprès de leur agence de voyages des risques sanitaires et des mesures de sécurité à respecter dans leur pays de destination. De nombreux voyagistes font figurer ces renseignements dans leurs catalogues. Les experts mettent les voyageurs en garde contre tout départ précipité. Il est toujours possible de s’informer et, le cas échéant, de se protéger même lorsqu’on opte pour un voyage last-minute. N’hésitez pas à consulter un médecin spécialisé dans les maladies tropicales ou à vous renseigner auprès des instituts d’hygiène ou des centres de médecine tropicale.
N’oubliez pas d’emporter dans vos valises une pharmacie de voyage contenant de la crème solaire, de la crème anti-moustique, des bandages, des pansements, une crème contre les brûlures et les piqûres de moustiques, un thermomètre, un spray désinfectant, des médicaments contre la diarrhée, des anti-inflammatoires et aussi des préservatifs ! Avant de partir, assurez-vous que vous disposez d’une bonne assurance voyage.

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HIPPOCRATE - Magazine de santé
Mardi 14 novembre 2006 à 14h00
Rediffusion du 25 avril 2006
Rédactrice en chef : Heidemarie Petters Une coproduction ZDF-ARTE G.E.I.E.

Edité le : 18-04-06
Dernière mise à jour le : 08-11-06