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Au nom du Patriot Act, dispositif législatif de lutte antiterroriste, mis en place après les attentats du 11 septembre, la vie quotidienne américaine est en effet soumise à un contrôle de plus en plus strict de le part des autorités de l’Etat. Comme nous le confirme l’un des membres du groupe R.E.M : "L’Amérique est devenue plus intolérante, c’est effrayant. La politique de la peur mise en œuvre par le gouvernement américain depuis le 11 septembre a pour fonction d’intimider les Américains. Les gens sont privés de leurs droits civiques, de leur liberté, au nom de la lutte contre le terrorisme. J’aimerais que l’Amérique soit plus ouverte, plus instruite, plus réfléchie et moins effrayée."Au départ, R.E.M n’a pas franchement la fibre militante. Mais il y a quatre ans, exaspéré par la politique du président Bush, le groupe part en tournée pour faire campagne contre sa réélection, avec le slogan « Votez pour le changement ».
Le groupe Anti-Flag a également rejoint la vague contestataire. Ils sont végétaliens et punks et quand les punks font de la politique, ce n’est pas pour se faire bien voir ni pour vendre plus de disques. Anti-Flag revendique davantage de démocratie et de liberté, pour les humains comme pour les animaux. REM et Anti-Flag ne sont pas les seuls à considérer que le modèle de société à l’américaine a du plomb dans l’aile et que les Etats-Unis sont en train d’enterrer cette idée de la liberté qui a fait leur grandeur.
Pour Serj Tankian, chanteur de System of a Down, la vie privée au quotidien est aujourd’hui menacée. Serj ne limite pas ses revendications à ses textes. Avec "Axis of Justice", il vient de lancer un projet qui vise bien au-delà des aberrations de la Maison Blanche. Son association philanthropique réunit des fonds grâce à des concerts et d’autres activités pour aider les SDF, les banques alimentaires, les fonds de secours aux victimes des catastrophes naturelles.
Aux Etats Unis, la politique et la musique pop n’en sont pas à leurs débuts. Leur enfant est la chanson contestataire. Les chansons du songwriter guitariste Woody Guthrie évoquaient le climat social et politique des USA, créant ainsi un style musical nouveau dans lequel s’engouffrera le poète folk Bob Dylan. Autre artiste fortement politisée : Patti Smith qui exploitera avec talent l’énergie révolutionnaire du rock.
Dans les années 70, la pop politique débarque en Angleterre. Les Sex Pistols s’attaquent à l’establishment britannique à travers un rock punk très agressif. Sous l’impulsion de groupes comme the Clash, une nouvelle culture underground apparaît : le punk. Mais les musiques aussi radicalement contestataires touchent rarement le grand public.
Will.I.Am, le chanteur des Black Eyed Peas a composé une chanson sur la base du slogan électoral de Barack Obama. La politique est pop, la pop est politique. Barack Obama n’a pas hésité à présenter son projet politique à un magazine pop. Et ses fans le vénèrent comme une rockstar. De leur côté, Hillary Clinton et John McCain répètent à tout va qu’ils sont, eux aussi, pour le changement. Qui croire ?
Autre exemple de fusion entre politique et contestation : l’artiste anglais Billy Bragg. Les tendances et les modes du business de la musique, ce n’est pas sa tasse de thé. Billy se définit comme un chanteur folk et un amoureux de son pays.
Billy Bragg : "J’aimerais que les gens, après m’avoir entendu, repartent avec la volonté de poursuivre leur engagement, quel qu’il soit. J’ignore tout de leur situation mais je sais que si le courant passe pendant le concert, on vit un moment intense mais c’est ce qu’on fait après le concert qui compte vraiment. Je veux que les gens qui partagent les idées que j’exprime poursuivent leur réflexion quand il retourne à leur vie quotidienne."
L’interaction entre la musique pop et la politique se renforce. Eux Etats-Unis, quoi qu’on en dise, un bout de chemin a déjà été fait.
Liens>> "Vote for change"-Tour
>> "Axis of Justice" de Serj Tankian







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