Samedi 11 février 2012 à 18h50 - 10/02/12
La nouvelle énergie du Japon
De Aviva Fried, Christèle Jaime et Akane Saiki – ARTE GEIE / Hikari Films – France 2012
Avec 90% de sa production électrique d’origine nucléaire arrêtée, le Japon fait face à un défi sans précédent : compenser le plus rapidement possible la perte d’une grande partie de son approvisionnement énergétique.
Comment faire pour que la transition se fasse en douceur ? Quelles mesures sont nécessaires pour que le pays ne se retrouve pas plongé dans le noir ?
Un peu fantasques, pragmatiques ou mûrement réfléchies, des solutions commencent à émerger pour que le Japon puisse sortir définitivement du nucléaire, tout en conservant son rang de troisième économie du monde.
Depuis la catastrophe de Fukushima, les réacteurs nucléaires de l’archipel nippon ont fermé les uns après les autres, pour des contrôles de sécurité.
Résultat : 5 d’entre eux sur 54 sont encore en activité. Les compagnies électriques peinent à faire face à la demande en électricité, et les autorités ont donc dû lancer un appel aux Japonais : économisez à tout prix l’électricité. Cet appel, qui n’aurait jamais été entendu dans d’autres pays s’est révélé extrêmement efficace au Pays du soleil levant. Car ici, le bien collectif a toujours supplanté le confort individuel.
Les grandes villes ont spontanément réduit leur éclairage public, l’éclairage du métro, le nombre d’escalators et d’ascenseurs en fonctionnement. Les particuliers, eux aussi, ne ménagent pas leurs efforts. Chez les Hitome, c’est tous les jours que les économies d’énergie se réalisent. Cette famille tokyoïte a réduit sa consommation quotidienne d’électricité en allumant moins les lumières, et surtout en réduisant le chauffage. Malgré l’hiver, ils se contentent d’une maison à 18°C.
Cette prise de conscience collective fait réaliser à de nombreux Japonais qu’une vie sans énergie nucléaire n’est finalement pas si absurde que ça, et pourrait même être tout à fait réaliste. Pourtant, depuis de nombreuses années, les autorités tentaient par tous les moyens de convaincre la population du contraire.
Les quelques voix discordantes étaient ainsi mises au ban d’une société, dominée par le lobby électrique. C’est les cas du professeur Hiroaiki Koide, de l’université de Kyoto. Enfin, plus précisément, professeur assistant. Car malgré son ancienneté et ses capacités, Hiroaiki Koide n’a jamais été titularisé. Trop dérangeant. Car cela fait maintenant 40 ans qu’il se bat pour faire entendre le résultat de ses recherches : le Japon doit absolument se débarrasser du nucléaire.
Mais si l’auto-discipline des Japonais est admirable et efficace, le pays a tout de même besoin de pallier les carences énergétiques provoquées par l’arrêt des centrales nucléaires. Pas pour le confort de chacun, mais pour maintenir la compétitivité d’un pays déjà lourdement affecté par la crise économique. Il faut donc trouver rapidement d’autres sources d’énergie. Solaire et éolien sont bien entendu à l’étude, mais très coûteux.
La solution à court terme est le développement des centrales hybrides au gaz, qui permettent de produire rapidement, à moindre coût, des gros volumes d’électricité. Mais cela reste plus polluant que le nucléaire, et cela place surtout le Japon, qui ne possède quasiment aucune ressource naturelle en gaz, dans une dépendance énergétique vis-à-vis d’autres pays, notamment la Russie.
Et pourtant, l’archipel a une richesse naturelle qui lui permettrait, à long terme, de prendre son indépendance : les sources d’eau chaude. C’est ainsi que le Japon compte déjà 18 centrales géothermiques, qui utilisent les sources chaudes pour produire de l’électricité. Dans le centre de l’île principale de Kyushu, 7 de ces centrales approvisionnent ainsi les habitations et les hôtels de la région.
De l’électricité propre, seulement un tout petit peu plus chère que celle produite par les énergies fossiles, et surtout abondante : le Japon possède les troisièmes ressources géothermiques du monde, derrière les Etats-Unis et l’Indonésie. C’est potentiellement l’équivalent de 20 centrales nucléaires.
ARTE Reportage
vendredi, 17 février 2012 à 10:40
Pas de rediffusion
(France, 2012, 52mn)
ARTE
Edité le : 10-02-12
Dernière mise à jour le : 10-02-12