Taille du texte: + -
Accueil > Elfriede Jelinek > Programme

Mercredi 8 décembre 2004 à 22h35 (VPS : 22h35) - 08/12/04

La pianiste

a lire aussi

Rediffusion le 20 décembre à 00h30
Film de Michael Haneke, France, 2000, 2h10mn
Scénario : Michael Haneke, d’après le roman d’Elfriede Jelinek
Image : Christian Berger, Montage : Monika Willi
Coproduction : MK2, Les Films Alain Sarde, Wega - Film , ARTE France Cinéma
BR / ARTE France

Avec : Isabelle Huppert (Erika Kohut), Benoît Magimel (Walter Klemmer), Annie Girardot (la mère)

GRAND PRIX, PRIX D’INTERPRÉTATION FÉMININE (ISABELLE HUPPERT) , PRIX D’INTERPRÉTATION MASCULINE (BENOÎT MAGIMEL), CANNES 2001

CÉSAR DU MEILLEUR SECOND RÔLE FÉMININ 2001 POUR ANNIE GIRARDOT

Les cheveux tirés en chignon, les lèvres pincées et l’air hautain, Erika enseigne le piano au conservatoire de Vienne. Vieille fille, elle partage avec sa mère, ultra possessive et inquisitrice, le même lit - un amour dévorant prompt à basculer dans la violence et la folie. Parfois, Erika s’échappe pour aller voir des films X dans une cabine de sex-shop ou pour assouvir ses désirs voyeuristes. Elle jouit par procuration.

Si elle doit toucher à son propre sexe, c’est pour le mutiler. Maîtrisant sa vie comme les touches du piano, elle refuse toute sensualité et toute “sensiblerie”. Jusqu’au jour où un jeune virtuose, Walter Klemmer, s’inscrit à son cours pour la séduire.

Un film sublimement servi par Isabelle Huppert et Benoît Magimel.

Autopsie d’une idylle
Michael Haneke taille dans le vif pour observer avec un regard clinique la façon dont l’amour cristallise les névroses et devient dépendance mortifère. Les désirs se répondent à contretemps et les “je t’aime” ont de terribles résonances. Sans juger ni expliquer, le cinéaste autrichien donne à voir, à travers un jeu de caméra minimaliste, une dérive passionnelle sans bornes. Il applique au cinéma ce qu’Erika exige de l’interprétation pianistique : maîtriser et contenir l’émotion à l’extrême pour atteindre la réalité la plus crue. Jusqu’à la pornographie. Isabelle Huppert, tantôt belle tantôt ridicule, est géniale dans ce rôle ambivalent de femme à la sensibilité de petite fille sous un masque de froideur sadique. L’amour la fait tousser ou vomir. Elle se réfugie dans une vie sexuelle fantasmée et imagine dans les moindres détails l’humiliation des corps dans des scénarios porno auxquels Walter devra obéir à la lettre.

Benoît Magimel, qui a reçu avec Isabelle Huppert le Prix d’interprétation à Cannes, donne la réplique à la folie d’Erika avec un mélange de candeur et de dureté, tandis qu’Annie Girardot est tragiquement drôle en mère ravagée.

Edité le : 06-12-04
Dernière mise à jour le : 08-12-04