Taille du texte: + -
Accueil > Western > Programme > La porte du paradis

Lundi 10 juillet 2006 à 20h40 - 12/07/06

La porte du paradis

("Heaven's Gate")


Une oeuvre à la beauté saisissante, une peinture épique et lyrique de la genèse de l’État de droit américain autour d’un magnifique quatuor d’acteurs – Isabelle Huppert, Kris Kristofferson, Christopher Walken et John Hurt.

Dans les années 1870, deux amis d’Harvard, James et Billy, fêtent la fin de leurs études. Des années plus tard, James, devenu shérif dans le Wyoming, se rend à la grande ville pour acheter une voiture à une tenancière de bordel, la Française Ella, dont il est épris. Il y apprend par la bouche de Billy que le puissant syndicat des éleveurs prépare une expédition punitive dans son comté : cent vingt-cinq hommes, femmes et enfants, pour la plupart des immigrants récents d’Europe centrale et des pauvres, regardés comme des voleurs et des anarchistes par les éleveurs, seront exécutés. De retour dans le Wyoming, James entreprend d’organiser la résistance et tente de convaincre Ella de quitter la région...

Le sang des pauvres
Cette fresque monumentale, réalisée par un cinéaste au sommet de son art, a été accusée de ruiner la United Artists et a fait l’objet de plusieurs coupes en raison d’un mauvais accueil public et critique. On ne pardonna pas au jeune réalisateur, têtu et mégalo, ses personnages mystérieux, ses scènes allusives, la longueur de son film et sa démythification féroce de la légende américaine. Depuis, La porte du paradis ne cesse d’être réévalué : porté aux nues comme un chef-d’oeuvre incompris, il est considéré comme un incontournable du cinéma, à la fois tombeau d’une époque (le cinéma d’auteur hollywoodien) et d’un genre (le western). À travers ce film, Cimino signe sa version engagée et désabusée, épique, lyrique et contemplative, de Naissance d’une nation. Visuellement, les séquences de la remise des prix à l’université, de l’agitation de la grande ville, du train à vapeur, de la marche des migrants, de la danse sur patins à roulettes, etc., participent toutes d’un souci extrême, quasiment magique, du détail. Organisée autour de mouvements circulaires, la mise en scène nous invite à pénétrer un tourbillon où la lumière, la musique et les émotions s’entrelacent avec l’histoire et ses contradictions. Le résultat, d’une puissance incantatoire, ne peut laisser indemne.



La porte du paradis
(Heaven’s gate)
Film de Michael Cimino
États-Unis, 1980, 2h30mn, VOSTF
Scénario : Michael Cimino
Avec : Kris Kristofferson (James Averill), Christopher Walken (Nathan D. Champion), Isabelle Huppert (Ella Watson), John Hurt (Billy/William C. Irvine), Brad Dourif (M. Eggleston), Joseph Cotten (le révérend Gordon Sutton), Jeff Bridges (John L. Bridges)
Image : Vilmos Zsigmond
Montage : Lisa Fruchtman, Gerald Greenberg, William Reynolds et Tom Rolf
Musique : David Mansfield
Production : Partisan Productions, United Artists
ARTE/ARD
SÉLECTION OFFICIELLE, CANNES 1981

Edité le : 05-07-06
Dernière mise à jour le : 12-07-06