Trop indépendant, trop occidentalisé, cet établissement était une épine dans le pied de l’autocrate biélorusse, le redouté Loukachenko. Ignorant les protestations, il ferme l’UHE en 2004.
Le recteur de l’université a contourné l’obstacle en rouvrant l’institut à Vilnius, en Lituanie.
Loukachenko – dernier dictateur d’Europe
Il tient la Biélorussie d’une main de fer depuis 12 ans. Le climat qu’il a installé dans le pays n’a rien à envier à celui de l’ex-Union soviétique : on y retrouve un KGB, un plan quinquennal et des instructeurs politiques dans les usines. L’économie est nationalisée à 80 %. Grâce au pétrole et au gaz russes livrés à prix d’ami par le grand voisin, Loukachenko est parvenu à assurer une relative prospérité. Ce qui explique en partie la popularité du chef de l’Etat. Sa mainmise sur les médias n’y est pas étrangère non plus.
Par tous les moyens, l’autocrate tente d’isoler le pays de toute influence occidentale. D’où son hostilité face à cette université trop ouverte sur l’extérieur. Pour s’en débarrasser, il a usé d’un subterfuge administratif : il a n’a pas renouvelé le bail, annonçant ensuite que, sans locaux, l’établissement ne pouvait exister, et lui a supprimé sa licence.
C’est dans ce contexte que notre université est devenue une île.
Anatoli Michailov, recteur en exil :
« Le gouvernement du Belarus souhaite isoler le secteur de l’éducation du reste du monde. C’est ainsi que notre université est devenue une île. Nous n’avons pas été tolérés parce que nous étions reconnus au niveau international. On voyait en nous un danger, c’est une ineptie. »L’Université humaniste européenne est sans doute la seule au monde en exil. C’est en été 2004 que le président autocrate du Belarus, Alexander Loukachenko, avait fait fermer la dernière université libre de son pays.
Le revé d’un belarus libre
Nombre d’étudiants de l’UHE rêvent d’une Biélorussie libre et démocratique. En exil, ils attendent la fin du régime autoritaire de Loukachenko, le dernier dictateur européen.
Dans leur pays, on leur reproche de ne penser qu’aux jobs lucratifs à l’Ouest. Erreur : en majorité, ils reviennent en Biélorussie après leurs études, désireux de porter dans leur pays les idées de démocratie et de liberté.
Webclip : EHU - They make fans of their students!
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