En 2005, Diana alors étudiante en cinéma en Catalogne, prépare un projet de fin d’année. Quel sujet traiter ? Ce sera celui des règles ! Parce que pour Diana la féminité n’a jamais été de soi, parce que les règles ont toujours été la source des plus grands questionnements. Parce qu’elle croise au même moment le chemin de Jerónimo Molero, directeur de photographie reconnu en Espagne… Ensemble, ils décident de prolonger le travail d’école et d’en faire un documentaire. En résulte une plongée de quatre années au cœur de ce phénomène tabou. Voyageuse, Diana arpente tous les continents à la recherche d’avis et de conseils d’experts, de thérapeutes, mais aussi de témoignages d’hommes et de femmes du monde entier.
POURQUOI CE FILM ?
« Quand j’avais 6 ans, ma grand-mère succomba à un cancer de l’utérus. Par un étrange concours de circonstances, je me convainquais alors que tout cela était de ma faute. Un an plus tard, la même maladie était diagnostiquée chez ma mère. Comment un simple organe humain pouvait-il être la cause de tant de chagrin ? Puis, j’eus mes premières règles, symbole, à mes yeux de jeune fille, d’une juste punition pour ces méfaits passés. Une seule question me taraudait : pourquoi des millions de femmes souffraient-elles donc comme moi ? De quels crimes s’étaient-elles rendues coupables ? Avec le temps, je réalisais bien sûr que tout cela ne tenait pas debout. Trop tard : j’étais irrémédiablement plongée dans la problématique des règles. Cependant quelque chose me poussait à ne pas accepter de souffrir en silence… Comment admettre que ce phénomène “naturel” puisse être vécu si difficilement par une majorité de femmes ? Comment expliquer que le signe de notre fécondité – elle-même pourtant largement encensée – prenne dans le langage usuel des noms aussi charmants que « la malédiction » (“the curse“) en Angleterre, « le débarquement » en France ou encore « les loques» (“the rags”) aux États-Unis ? Pourquoi les hommes sont-ils pour la plupart incapables de parler des règles sans rougir ? En rompant le silence autour des règles, en donnant la parole aux femmes, à leurs expériences, mais aussi en écoutant les hommes, « La lune en moi » ("The moon inside you") se propose de déconstruire avec méthode le phénomène de la menstruation jusqu’à ce que s’offre à nos yeux sa véritable et profonde nature duale : une expérience intime ET une construction de la société.
Pour aider à faire le deuil des anciennes superstitions et des stéréotypes sociaux, tous les moyens sont bons !
Outre mon témoignage et ceux qui émaillent le film, le récit de Dominika, jeune fille slovaque de 12 ans, est décisif. Son journal intime filmé en vidéocam nous donne accès à une autre perception de la féminité, plus fantasmée, à la fois crainte et espérée. Afin de dépasser leur seule réalité physiologique, je souhaitais me confronter à la connaissance et à la recherche existantes sur les règles, en rencontrant des « experts » du monde entier ayant étudié le phénomène du point de vue de la médecine, de l’anthropologie ou de la philosophie, mais aussi des intervenants moins orthodoxes – une thérapeute par la danse, une Taoïste spécialisée dans la médecine alternative... Mes meilleurs atouts contre les préjugés sont l’humour et la créativité. Pour aider à faire le deuil des anciennes superstitions et des stéréotypes sociaux, tous les moyens sont bons ! »
Diana Fabiánová







Envoyer à un ami
RSS
Facebook
Twitter