Au lendemain de sa diffusion, le documentaire d'Éric Guéret et de Laure Noualhat « Déchets : le cauchemar du nucléaire » continue de susciter de nombreuses réactions sur le Web.
Après la diffusion de l’enquête de Laure Noualhat et Eric Guéret, « Déchets : le cauchemar du nucléaire », la secrétaire d’État chargée de l’Écologie Chantal Jouanno a demandé mardi l’ouverture d’une enquête interne chez EDF, selon l'
AFP.
Le documentaire souligne en effet que près de 13 % du combustible nucléaire usé produit par les centrales françaises – gérées par EDF – sont stockés dans le complexe atomique de Tomsk-7, en Sibérie. Des déchets nucléaires hautement radioactifs seraient donc entreposés dans une sorte de décharge à ciel ouvert.
En réaction, Anne Lauvergeon, la présidente d’Areva a affirmé sur Canal+ mardi que le groupe de nucléaire public était prêt à recycler ses déchets en France, rapporte
L'Expansion.fr : «
On attend un contrat d'EDF pour recycler en France les déchets nucléaires d'EDF actuellement envoyés en Sibérie. »
Sur
Challenges.fr, Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire chez Greenpeace, est satisfait que ces pratiques soient enfin mises en lumière : «
Au travers du documentaire, on découvre les éléments de preuve et les détails de ce que Greenpeace dénonce depuis de nombreuses années. » Il met au défi Areva et EDF de publier avec précision les données sur l'ensemble des flux de matières dès la sortie des réacteurs.
Un pétard mouillé ? se demande
France Soir. En effet EDF dément toujours avoir exporté des déchets issus de ses centrales. « A
ucun déchet nucléaire d’EDF n’est transporté en Russie […]
. C’est seulement de l’uranium recyclable, issu du traitement de combustibles des centrales nucléaires d’EDF, qui est transporté en Russie pour être enrichi. » justifie un porte-parole.
La députée européenne (groupe des Verts) Michèle Rivasi rappelle cependant sur
Telerama.fr qu’il va être difficile de modifier le fonctionnement de cette industrie. «
D'une certaine manière, on a gagné contre Monsanto, puisque les OGM sont quasiment interdits en France. Mais s'attaquer à l'industrie nucléaire est beaucoup plus ardu. On ne se bat pas contre une lointaine multinationale américaine mais contre notre propre État et sa politique militaire. »
Pourtant, depuis plusieurs mois, les documentaires sur le nucléaire se multiplient rappelle
LePost.fr :
• «
RAS, nucléaire - Rien à signaler » raconte les conditions de travail et de sécurité des ouvriers du nucléaire ;
• «
Au pays du nucléaire » est une enquête menée dans le Cotentin, où le parc nucléaire est particulièrement important.