Méthodiquement, une petite fille arrache les poux de la tête de son père, absorbé dans le découpage minutieux d'un papillon de papier. Dans la pénombre, Zai, son petit frère, atteint de paralysie cérébrale, agite doucement le pied contre les bords de sa chaise roulante en bois. Ses parents n'ont pas les moyens de payer l'opération qui pourrait le sauver. À moins que son grand-père ne les aide…Source asséchée
D'une apparente sobriété, rejetant d'emblée tout apitoiement, La source parle avant tout d'amour. Un amour que Zai, bien qu'il soit incapable de parler, communique intensément. Au rythme du changement de saisons, de février à juillet, le réalisateur chinois Sha Qing a filmé une famille, ses joies, ses silences, son drame. Au cœur du film se trouve le grand-père, qui est face à un dilemme : vendre sa vache ou perdre son petit-fils. Poème cinématographique, La source capte la réalité dans sa dimension allégorique. La scène où les parents portent l'enfant paralysé évoque une pietá, celle où le père orne de roses le lit de son fils agonisant, tandis que l'on découvre la source du jardin asséchée, est sublime.






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