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Toutes les télés du monde - 28/09/07

La télévision des Angolais

Réalisé par Ariel de Bigault


Tous les vendredi après-midi à Luanda, la capitale angolaise, sur la place de l’indépendance, deux files d’attente de plusieurs dizaines de mètres s’organisent. Tour à tour, les passants font leur annonce devant les caméras : « Je recherche mon oncle. Il s’appelle Gaspar Taveira. Il a disparu en 1988. » ; « Je viens pour retrouver ma sœur Sonia. Je ne l’ai pas revue depuis 2000 ». Ces petites séquences sont diffusées dans « Ponto de reencontro » (Point de rencontre), l’une des émissions la plus populaire de la télévision publique TPA.

Elle a été lancée en mars 2002, un mois avant la fin officielle de la guerre civile qui en plus de 20 ans, a provoqué le déplacement de 13 millions d’angolais.
Aujourd’hui, si l’émission reste emblématique, la guerre n’est presque plus évoquée dans les commentaires des passants venus rechercher leurs proches.
Les angolais parlent peu de leurs drames. Il préfèrent évacuer, et reconstruire. L’instinct de survie et l’énergie de vivre sont extrêmes. Et cette énergie se ressent sur les deux chaînes publiques, qui ne diffusent que très peu d’émissions étrangères, et produisent jusqu’à dix heures de programme par jour.
Les fictions locales n’ont plus rien à envier aux télénovelas brésiliennes, dont les angolais étaient encore accro il y a quelques années. Aujourd’hui, les séries qui remportent le plus grand succès sont « Comba », histoire de la veillée funèbre d’un monsieur qui laisse deux femmes, l’officielle et la maîtresse, et « Furia de viver » (le fureur de vivre), qui met en scène des jeunes et aborde les problèmes de conflits de génération ou du SIDA notamment. La toute dernière née, « 113 », est une série sur le GIGN local, financée par la police.

Les émissions d’actualité et autres talk shows ne sont pas en reste. « Angola en mouvement », programme de propagande sur la reconstruction et la citoyenneté, est très regardée. Papa Ngulo, un des personnages pivot de l’émission profite des gens, vole, urine dans la rue… Il est le contre-exemple absolu du parfait citoyen. A tel point que son nom est utilisé par les angolais pour désigner un goujat…

Edité le : 28-09-07
Dernière mise à jour le : 28-09-07