Comment exister culturellement face aux télés les plus puissantes de la planète ?
C’est le combat que mène la télévision canadienne au quotidien contre l’hégémonie médiatique des Etats-unis.
Plusieurs formules sont utilisées : Afficher haut et fort ses spécificités… Ou se moquer ouvertement des imposants voisins du Sud.
A part « Hockey night in Canada », la grand’ messe du samedi soir, qui réunit des millions de canadiens autour de leur sport préféré, l’émission qui caracole en tête des audiences met en scène une brochette d’antihéros qui gravite autour d’une station-service au fin fond de la Saskatchewan : c’est « Corner Gas ». L’intrigue plongerait un New-Yorkais dans un profond sommeil, mais ravit le téléspectateur canadien saturés de flics survoltés si chers à la télé américaine.
Dans l’affirmation d’une identité nationale, la publicité n’est pas en reste. Pour vendre sa bière, la marque « Molsons Canadian » a lancé il y a quelques années la campagne « I am a Canadian ». Dans une série de spots publicitaires, un homme s’insurge contre les clichés véhiculés par les Américains vis-à-vis des Canadiens et affirme son identité de Canadien. Bingo : la marque de bière a doublé ses ventes.
Dans la même veine, le comique Rick Mercer s’amuse des lacunes des élites américaines dans l’émission « Talking to Americans ». Le concept : démontrer l’ignorance des américains en leur posant des questions absurdes lors de micro-trottoirs sur les plus prestigieux campus américains ou lors de meetings politiques. Florilège : « Que pensez-vous de la légalisation des agrafeuses au Canada ? » ou bien « Le marché immobilier des igloos a-t-il un avenir face au réchauffement planétaire ? »Réponses surréalistes assurées.
Les recettes sont loin d’être infaillibles. Mais en quelques années, la télévision est devenue le reflet de la différence canadienne.