(2008, France, 1h45)Avec Clémence Poesy, Eric Ruf, Maya Sansa, Gaspard Ulliel…
Synopsis : Emma (Clémence Poesy) se découvre un pouvoir étrange : à son contact, ses amants disparaissent. François (Gaspard Ulliel), un astronome passionné par le phénomène de l’entropie et spécialisé dans l’étude des trous noirs, en tombe amoureux. Au bout de quelques jours, il s’évanouit sans laisser de traces. Avec l’aide de Michel (Eric Ruf), le frère de François, Emma part à sa recherche.
Critique : Joindre le concept d’antimatière à une comédienne particulièrement charnelle au point de crever l’écran est un pari audacieux qui pourrait présider à la naissance d’un film surprenant et surtout inédit. Pour sa première réalisation, Eric Forestier place effectivement la barre assez haut, caresse l’étrangeté et rêve à un fantastique fait de propositions, en creux et tellement bridé qu’au moment où il s’incarne enfin, il surgit de manière saugrenue, malgré certains effets spéciaux signalés par leur rigueur esthétique, un effort notable s’agissant d’une production française. Comme l’indique le titre de son film, Forestier est à la recherche de quelque chose d’autre, un choix aussi infatuant que louable, et souhaite donner le change, mais il le perd rapidement. Tenu dans les premières scènes, son récit fantastique se disloque dans un ensemble gazeux qui paraît fasciner le cinéaste, mais rend son geste fluctuant plutôt que mystérieux.
C’est dommage pour Clémence Poesy, comédienne dont le nom est sur toutes les lèvres sans qu’elle ait tourné grand-chose. Elle prouve ici plus qu’ailleurs pourquoi elle jouit d’une réputation aussi flatteuse. Emma est de surcroît un beau personnage, un peu dérivatif et typique du jeune cinéma français, qui désarçonne les gens dans la mesure où elle agit différemment avec naturel et non de façon délibérée. Clémence Poesy lui donne du relief et toute l’intensité requise. On peut pendre acte de l’idée de la fille dévorante et du garçon qui, l’étant moins, court le risque de se faire dévorer, mais le postulat est trop fragile, quand bien même la forme éthérée est absolument revendiquée.Irradié par l’étrangeté de ses trouvailles, Eric Forestier oublie d’essayer d’embobiner un peu le spectateur, une condition primordiale au fantastique. Il parsème son récit d’idées qui ont le plus grand mal à se coaguler : un médium au look de dandy novo punk, un scientifique perdu dans ses pensées (Jean-Luc Bideau), une japonaise qui sera la seule à percer le mystère, rompue qu’elle est à la culture de la mort et des fantômes… Tout cela est malheureusement plus fumeux que gazeux.
Julien Welter
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La troisième partie du monde
(2008, France, 1h45)
Avec Clémence Poesy, Eric Ruf, Maya Sansa, Gaspard Ulliel…
Sortie du 18 juin 2008
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Clémence Poesy irradie un récit fantastique malheureusement un peu fumeux.
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