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Alain Delon, auquel Antonioni et Visconti, entre autres, avaient pourtant déjà donné certains de ses plus grands rôles, était un peu jaloux du succès remporté par Gérard Philipe dans Fanfan la Tulipe, sorti douze ans plus tôt et devenu un classique immensément populaire. Aussi réclama-t-il à Christian-Jaque un rôle également héroïque, séducteur et léger, avec cape et épée. Le cinéaste abandonna vite la trame du roman d'Alexandre Dumas dont il voulait s'inspirer au départ - un jeune producteur de tulipes dans la Hollande du XVIIe siècle, voilà qui manquait de panache pour le jeune premier national -, mais il en garda le titre. Dans le double rôle des frères Saint-Preux, Alain Delon se montre à la hauteur de ce costume de virtuose taillé sur mesure, tour à tour angélique et cynique, mais invariablement bondissant. Aventures et duels bien réglés, amour, humour (même si Francis Blanche est à peine reconnaissable), avec une évocation plutôt réussie du grand souffle révolutionnaire : La tulipe noire fit un triomphe, et, même s'il a un peu vieilli, se regarde toujours avec un grand plaisir.






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