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ARTE EDITIONS au Salon du Livre de Paris 2012

De la philosophie, de la géopolitique, de l’histoire, de la jeunesse … autant de thèmes abordés cette année par ARTE Editions au Salon du Livre à travers des (...)

ARTE EDITIONS au Salon du Livre de Paris 2012

28.08.05 à 20h40 - 17/08/05

La vie privée de Sherlock Holmes

Entreprise de démythification : Billy Wilder l'iconoclaste s’attaque à un monument de la littérature policière. En tout irrespect, on découvre la seule et unique histoire de cœur du plus misogyne des détectives privés. Et la véritable origine du monstre du Loch Ness.

Août 1896. À son domicile du 221 bis Baker Street, Sherlock Holmes s’ennuie. Le crime n’a plus à lui opposer de partenaires valables, il s’adonne donc à son vice favori : la cocaïne (en solution à 7%). Watson enrage de le voir dans cet état, quand une mystérieuse inconnue est déposée à moitié morte devant la maison des célèbres détectives. Elle est amnésique, mais Holmes a tôt fait de découvrir son identité. Cette nouvelle aventure du plus fin des limiers va le mener dans les Highlands écossaises.

Sherlock my dear
Attention ! Le critique caustique de La Garçonnière et Certains l’aiment chaud s’attaque à un des monuments britanniques, avec un titre qui sonne comme une déclaration d'intention : la vie privée (private en anglais, qui veut aussi dire détective) du célèbre limier. Jusque-là, on ignorait qu'il en avait une, mais Billy Wilder nous informe en mettant les bouchées doubles : Sherlock se pique à la cocaïne lorsqu'il a le cafard, il ne veut pas entendre parler de la gent féminine, il a un frère, Mycroft, qui trempe dans les services secrets. La scène d'ouverture est typiquement wilderienne : Holmes, attiré dans un guêpier, doit se défaire d’une danseuse russe sur le retour qui veut avoir un enfant de lui. Il ne trouve qu’un piquant stratagème : insinuer que Watson et lui... vivant sous le même toit...


Le pauvre docteur, qui était en train d’interpréter à lui seul un ballet russe avec toute la troupe féminine, se voit soudain entouré d’éphèbes slaves auxquels la rumeur est vite parvenue. Hilarant. La deuxième heure est construite sur le mode aventurier, et on suit les pérégrinations sur la lande écossaise d’un Holmes affublé d’une épouse (pour les nécessités de l’enquête) et de Watson déguisé en valet. Un trio qui en dit long sur les allusions psychanalytiques de ce réalisateur d’origine autrichienne (plus tard, Herbert Ross fera se rencontrer Holmes et Freud dans Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express). Une heure de pur délire, où se mélangent faux moines trappistes et vraie espionne allemande, une reine Victoria de la taille d’une naine, qui estime qu’un sous-marin “ne fait pas honneur à la marine royale : on ne peut pas arborer les couleurs sous l’eau”. Tellement “shocking” que les Britanniques ont boudé le film à sa sortie. Un échec général : aux États-Unis, le film a été retiré de l’affiche, et en France, il a fallu une montée au créneau de François Truffaut et Jean-Pierre Melville pour que les exploitants le distribue. Wilder en fût très affecté. C’était un de ses films préférés, il le considérait comme sa propre autobiographie, version “romantique”. À la fin du tournage, le film durait presque quatre heures. La production décida de le réduire à deux heures. "Tout est trop long, pas seulement votre vie et votre pénis", conclut amèrement Billy Wilder. Personne n’est parfait !

  • Tourné juste après Irma la douce, ce film devait être au départ une comédie musicale, puis un film à grand spectacle avec Peter O’Toole et Peter Sellers. Pour le thème joué au violon par Sherlock Holmes, Miklos Rozsa a repris celui qu’il avait créé pour Ivanhoé, de Richard Thorpe.

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Dimanche 28 août 2005 à 20h40
La vie privée de Sherlock Holmes
(The private life of Sherlock Holmes)
Film de Billy Wilder
(États-Unis, 1970, 2h, VF)
Scénario : Billy Wilder et I.A.L. Diamond, d’après les personnages créés par Sir Arthur Conan Doyle
Avec : Robert Stephens (Sherlock Holmes), Colin Blakely (Dr John Watson), Geneviève Page (Gabrielle Valladon), Christopher Lee (Mycroft Holmes), Tamara Toumanora (Mme Petrova), Clive Revill (Rogozhin), Irene Handl (Mrs Hudson), Mollie Maureen (Queen Victoria)
Image : Christopher Challis
Musique : Miklos Rozsa
Décors : Alexandre Trauner
(Rediffusion du 1er janvier 1996)
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Edité le : 17-08-05
Dernière mise à jour le : 17-08-05