

Derrière une petite porte de la réserve, des œuvres se dévoilent dans le rond de lumière d’une lampe de poche. Bientôt, elles seront accrochées aux murs des nouvelles salles. Les œuvres – sculptures, peintures – et les hommes – techniciens, restaurateurs – ont déjà entamé leur ballet : dans la cour, une grue soulève une immense toile représentant une femme aux mains jointes ; à l’intérieur, les peintres rafraîchissent les murs, les restaurateurs travaillent dans leur atelier, les oeuvres se déplacent le long des couloirs ; deux conservateurs organisent les nouveaux accrochages, des employés reçoivent une formation de secourisme…
Des œuvres et des hommes
Histoire secrète, insolite et émouvante d’un lieu qui se réorganise, "La ville Louvre" révèle déjà tout le style de Nicolas Philibert, notamment son sens du cadre et de la situation, de la narration et des personnages. Ici, ce sont moins les œuvres qui l’intéressent que le rapport que le personnel du Louvre entretient avec elles. En introduisant une caméra mobile et très vive au coeur de l’agitation fébrile du grand réaménagement, Nicolas Philibert rend hommage aux « artisans » de l’art, qu’ils soient conservateurs ou ouvriers. Il privilégie l’émotion mais aussi les situations cocasses nées du contraste entre la trivialité des moyens utilisés et la beauté immortelle des oeuvres. Des moments où le quotidien se mêle à l’exceptionnel, le prosaïque au sublime. Par exemple lorsqu’une sculpture noire aux yeux perçants est transportée tel un supplicié au bout d’un Fenwick ; quand un peintre en bâtiment repeint une plinthe au pied d’un tableau ; ou lorsqu’une jeune fille tire au pistolet en plein musée pour tester l’acoustique.






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