La dynamique des audiences a cependant, comme dans tout procès, bousculé la construction préalable de leur ordonnancement. C’est ce que le film cherche à montrer, en particulier dans la révélation, l’analyse et le jugement des crimes commis par les nazis. Ainsi, cinq jours à peine après le début du procès, un premier film est projeté ; puis vient la confrontation aux victimes (Marie-Claude Vaillant-Couturier, Abram Suzkever) et aux bourreaux (Ohlendorf, Wisliceny, Höss), qui permet aux juges de prendre la mesure des massacres de civils et de prisonniers de guerre commis à l’Est, ainsi que de la politique d’extermination des Juifs d Europe.
Au fil des audiences, la construction juridique proposée par Jackson, qui faisait du crime de complot (Conspiracy) le chef d’accusation qui commandait tous les autres, a été infléchie par la révélation de ces crimes, dont l’ampleur était inédite, mais surtout dont le caractère s’avérait systématique. Dans leurs derniers réquisitoires, les procureurs français et britanniques finissent par adopter le terme de génocide pour qualifier la « Solution finale ».







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