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Du 7 au 17 février, l’équipe web franco-allemande en collaboration avec la rédaction du Journal de la Culture couvre en direct l’intégralité de la Berlinale.

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Filmfestival Berlinale 2008 - Compétition officielle - 01/09/08

Lake Tahoe

Un film de Fernando Eimbcke


Fernando Eimbke nous raconte l'odyssée d'un jeune homme qui, après le décès de son père, provoque un accident avec la voiture de ce dernier.

Synopsis: Juan (Diego Cataño) a causé un accident avec la voiture de ses parents. Par une chaude et interminable journée d'été mexicain, le héros part à la recherche d'une pièce détachée pour remettre sa voiture en état. En chemin, il fait la connaissance de différents personnages: Don Herber, le mécanicien paranoïaque, et sa chienne Sica ; une jeune mère nommée Lucia; et enfin, David, le hooligan spécialiste d'arts martiaux. Tous ces personnages l'aident à assumer progressivement la mort de son père.

Le trailer du film

Critique: Puerto Progreso, la ville de province située sur la presqu'île du Yucatàn, est une ville portuaire, industrielle, triste et sans horizon, et qui la plupart du temps donne l'impression d'être totalement abandonnée. C'est là, au beau milieu de nulle part, dans cette friche industrielle envahie par les herbes, que la Nissan rouge de Juan percute le seul lampadaire à perte de vue. Pour ce jeune homme de seize ans, la recherche d'une simple pièce détachée va se transformer, une journée durant, en une véritable odyssée, qui image par image nous révèle le sens véritable de la quête du héros.

Le Prix Alfred Bauer : Lake Tahoe
Eimbcke filme tout cela avec un calme olympien: sa caméra statique, son style épuré et sa façon de préserver une certaine distance avec ses personnages nous rappelle un peu Robert Bresson et Vittorio de Sica. Eimbcke et Paula Markovitch (co-auteure) – qui furent tous les deux confrontés très tôt à la mort d'un de leurs parents – s'interrogent sur les bouleversements provoqués par la mort soudaine d'un proche, bien qu'en apparence rien ne semble avoir changé. Chaque acte de la vie courante revêt une dimension existentielle, à la fois absurde et profondément humaine : au-delà de l'ennui et de l'indifférence apparents, les rencontres que fait Juan au cours de la journée s'avèrent éminemment riches en émotions.

La méditation d'Eimbcke sur la mort n'est ni fortuite, ni superficielle, et pourtant, elle dégage une légèreté, une joie de vivre et une énergie communicatives. Des temps morts et des périodes d'attentes absurdes - soulignés par des 'black out' de plusieurs secondes – alternent avec des scènes explosives. Chaque plan est composé à la perfection et tout concourt à parfaire ces images : la chorégraphie minutieuse imposée aux acteurs amateurs (tels les 'acteurs modèles' chez Bresson), l'emploi judicieux de la musique et du bruitage, et enfin, la qualité des textes.

Cette méditation, qui prend le contre-pied du drame classique, aboutit en une seule scène, magique et intimiste. Elle nous révèle à quel point le cinéma mexicain d'aujourd'hui est innovant et magistralement beau.

Martin Rosefeldt
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Lake Tahoe
(Lake Tahoe)
Mexique, 2008, 85 min
Réalisateur : Fernando Eimbcke
Avec : Diego Cataño, Héctor Herrera

Edité le : 08-02-08
Dernière mise à jour le : 01-09-08