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Cultures Electroniques

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Cultures Electroniques

23/09/09

Lawrence Malstaf

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Tempête sur Linz ? Pas vraiment, mais l'installation "Nemo Observatorium" de Lawrence Malstaf, qui a emporté le Golden Nica dans la catégorie Interactive Art, permet d'en faire l'expérience de manière intime, de se retrouver au cœur du cyclone. Le visiteur se place au centre d'un cylindre transparent et appuie sur un bouton. Se déclenchent alors des bourrasques qui font voltiger à haute vitesse des petites bulles de polystyrène, dans un mouvement qui est trop rapide pour être suivi. La personne à l'intérieur décide de la durée du tourbillon. De l'extérieur, cela ressemble au chaos, mais à l'intérieur, la sensation est tout autre, souvent de calme mais quelquefois d'euphorie ou de peur.

Lawrence Malstaf présente également sa pièce "Shrink", où une personne se place verticalement entre deux feuilles de plastique avant que petit à petit, l'air ne se vide. La personne se retrouve comme emballée sous vide, ce qui semble contraignant mais qui, selon l'artiste, est très reposant si l'on s'abandonne au dispositif. Cette œuvre n'est montrée à Ars Electronica que sous forme de performance, du fait de l'affluence du festival. Elle est souvent montrée d'abord sous la forme de performance, avant que le public ne soit invité à l'essayer, dans un espace plus intimiste.

Ars Electronica est un contexte nouveau pour cet artiste qui a des projets autant analogiques que numériques. Il cherche l'imprévisibilité : ainsi, dans sa pièce "Rope", un ordinateur contrôle une corde qui s'enroule autour d'une chaise de manière chaque fois (plus ou moins) différente. Il est intéressé par savoir quand un objet peut être considéré comme vivant, et quels sont les paramètres pour cela. L'expérience physique, pluri-sensorielle, est centrale pour les œuvres de Lawrence Malstaf, pour aller au-delà des seuls sens de la vue et de l'écoute.

"Nemo Observatorium" et "Shrink", ainsi que d'autres œuvres qu'il a montrées lors d'une des conférences du festival, sont en quelque sorte des métaphores de la notion d'adaptation à l'environnement des êtres humains : si on tente d'être en symbiose avec son environnement, de s'adapter même à des situations qui ont l'air à première vue peu plaisantes, l'expérience sera plus positive que si l'on y résiste. Ainsi, son œuvre "Compass" (boussole) est une machine pour s'orienter dans des espaces virtuels (le dispositif se porte autour de la taille). La machine est conçue pour suivre une carte invisible : plus le visiteur est réticent vis-à-vis d'elle, plus elle est difficile à bouger, mais au contraire plus le visiteur se laisse aller pour suivre les mouvements de la machine, plus celle-ci est confortable.

La notion de contrainte n'est pas présente de la même façon dans tout son travail. Lawrence Malstaf est issu autant du design industriel que des arts de la scène (il est notamment l'auteur de nombreuses scénographies, par exemple avec Meg Stuart ou d'autres chorégraphes). Cette dernière travaille beaucoup avec la contrainte, ce qui l'a influencé. Certaines de ses pièces créaient un environnement dont l'artiste contrôlait tous les paramètres, des sortes de "boîtes noires" où il suffit de peu pour déclencher quelque chose d'intense. Pour ses travaux les plus récents, il cherche à créer des situations plus ouvertes, où plusieurs visiteurs peuvent interagir entre eux.

Interview de Lawrence Malstaf



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Edité le : 15-09-09
Dernière mise à jour le : 23-09-09