Dès la disparition du fameux et toujours très applaudi profil de Totoro en guise de générique des Studio Ghibli, plouf, nous voici en pleine magie, en apnée pour un ballet nautique graphique ahurissant, rien moins impressionnant qu'une toile de Takashi Murakami animée. Exit « Fantasia », exit la 3D de « Némo », l'originalité sied la simplicité des contours du pastel sec pour nos yeux écarquillés déjà humides d’exaltation. Une certitude, les ambitions écologiques du Maître n'ont pas baissées d'un iota tant Ponyo échoue lamentablement au bord d'une plage, victime d'un chalutier draguant d’un filet aveugle les bas-fonds-poubelles largement détaillés de l'océan. Puis sur la terre ferme, le personnage de Sosuke rappelle combien Miyazaki est un cinéaste de l'enfance car si « Ponyo » vise prioritairement l'identification du plus petit, encore faut-il que le miroir soit parfait. Et il l'est : les adultes qui affectionnent les plus infimes détails dans les variations des attitudes et autres postures enfantines, seront servis avec tact, douceur et humour.

Ponyo on the Cliff by the Sea
Dessin animé de Hayao Miyazaki
(Japon, 2008, 1h41)

Quand à vos moutards, eux auront deux nouveaux copains, Ponyo et Sosuke, qui, au delà d’un spectacle jamais manichéen, sont les messagers d'une idéologie qui appelle tant au respect de l'environnement (y compris celui dû aux vieilles retraitées de l'hospice du coin!) qu'à en mesurer ses formes les plus menaçantes. Au travers de ce conte où une mer monumentale déchaînée engloutit papas et mamans, « Ponyo » traite indirectement - une première pour le cinéaste japonais, qu'il le veuille ou non - d'actualité, de tsunami et de solidarité à un point d'équilibre magistral entre délices esthétiques, drame et amusement. Et s'il existe un artiste capable de faire avaler ainsi une pilule salvatrice à un pan entier du monde traumatisé, il tient proprement du génie, c’est Miyazaki.







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