
Émissions de CO2 par unité de PIB en 2005 : 0,6 kg/$ à parité de pouvoir d'achat
Émissions de CO2 par tête d'habitant : 7,9 tonnes
Évolution des émissions de CO2 entre 1990 et 2005 : - 13 %

D’après un rapport de la Commission européenne, la Pologne produirait 90 % de son électricité grâce à ses centrales à charbon, ce qui en fait à l’échelle mondiale l’un des marchés de l’énergie les plus axés sur l’or noir. Ce même rapport indique que l’Allemagne est, en termes absolus, le principal consommateur de charbon en Europe, alors que l'électricité à base de charbon ne représente qu’un tiers de sa consommation. Actuellement, la Pologne est le plus gros producteur de charbon d’Europe (more coal than any other European country), et même l’un des principaux au monde.
Néanmoins, l’extraction de charbon destiné à la consommation intérieure est en recul constant. En 2008, pour la toute première fois, la Pologne a importé plus de charbon qu’elle n’en a exporté (2008 coal import exceeded export). Le gouvernement est certes désireux d’asseoir la sécurité énergétique de la Pologne sur le charbon, mais il n’a accordé à l’industrie minière aucune aide qui aurait permis de réaliser les investissements nécessaires pour accéder à de nouveaux gisements dans les mines en activité.
Certes, les émissions de CO2 de la Pologne ont baissé depuis 1990. Toutefois, ce n’est pas le fruit d’une campagne d’adaptation au changement climatique mais le résultat d’un savant calcul arithmétique : comme le protocole de Kyoto et les permis d’émissions étaient calculés sur la base des niveaux de pollution de 1990, la Pologne a « bénéficié » du déclin industriel intervenu après 1989 (post 1989 industrial decline).
En définissant le charbon comme ressource stratégique, le gouvernement polonais met en avant les avantages qu’il offre en termes de stabilité sur le marché, et de disponibilité. Pour autant, une forte dépendance des énergies produites à partir du charbon soulève des problèmes d’ordre écologique et économique. La Commission européenne estime qu’avec 800 kg de CO2 émis par megawatt-heure, le charbon est la source d’énergie la plus polluante. Sur le plan économique, les perspectives ne sont guère plus souriantes, puisqu’il est fort possible que le prix de l’électricité générée à partir du charbon augmente en flèche en 2020, quand la Pologne achètera des permis d’émissions après avoir rejoint le système communautaire d’échange de quotas d’émission (SCEQE).
Pour parer cette éventualité, le gouvernement polonais entend diversifier les sources d’approvisionnement énergétiques. Il a d’ailleurs prévu de miser sur le nucléaire et d’accorder son soutien au charbon propre (clean coal technologies) ainsi qu’aux infrastructures de gaz naturel liquéfié. Grâce au fonds de relance économique de l’Union européenne, il sera possible de financer un projet pilote qui mise sur les technologies du charbon propre à Bełchatów. Des investissements sont déjà en cours à Świnoujście où il est prévu de construire très prochainement une infrastructure moderne de gaz naturel liquéfié. Mais il faut compter une vingtaine d’années pour mettre en œuvre une industrie nucléaire viable. Voilà pourquoi une alliance stratégique avec la Lituanie sur un projet de centrale nucléaire est à l’étude. Mais à ce stade, aucun accord concret n’a encore été trouvé avec le gouvernement lituanien. Dans ces circonstances, il semblerait que la sécurité énergétique de la Pologne ne soit pas encore acquise, du moins dans un avenir proche.
Aleksandra Tomczak
POUR ALLER PLUS LOIN
Des informations en anglais sur des sites polonais et sur le site de la Commission européenne.
Poland’s Energy Policy until 2030, Ministère de l’Economie, Varsovie 2009
Europe’s energy position. Present & Future. Observatoire de l'énergie. Rapport du Groupe des experts économistes de l'énergie (DG TREN), Commission européenne de Bruxelles 2008Imported coal can compete with Polish resources, NETTG.pl
Poland sells surplus co2 emission permits, PolishMarket.com.pl
An Energy Policy for Europe, Communication de la Commission au Conseil européen et au Parlement européen, Bruxelles 2007






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